mercredi 7 août 2013

SALLES-ARBUISSONNAS-EN-BEAUJOLAIS

Peut-on avoir le coup de foudre pour un site dès le premier coup d'oeil? La réponse est oui, bien sûr!
Par exemple, à Salles-en-Beaujolais, le premier contact avec ce prieuré clunisien, son église, son cloître, sa cour d'honneur autour de laquelle ont été construites les maisons des chanoinesses, ne peut avoir que ce résultat.

Le prieuré fut fondé au Xe siècle par l'abbaye de Cluny. Au XIVe siècle, les bénédictines remplacèrent les hommes et demeurèrent jusqu'au XVIIIe. A cette époque, les couventines furent remplacées par des chanoinesses recrutées uniquement dans la noblesse dont les titres comportaient au moins huit quartiers. Le prieuré devient un chapitre et le fait d'y entrer décerne automatiquement le titre de comtesse aux nouvelles recrues.
Ces femmes installées ici bénéficiaient d'un revenu appelé prébende et ne quittaient le chapitre qu'à leur mort ou qu'à leur mariage. Car, leur installation était une commodité accordées à des jeunes filles nobles qui, en contrepartie ne devaient que se conformer aux célébrations religieuses et aux prières. Elles venaient ici dans l'idée de consacrer leur vie à Dieu (jusqu'à certaines limites), d'être à l'abri du besoin et d'éventuellement contracter mariage. Elle ne faisaient pas voeu de pauvreté, en témoignent les maisons construites pour leur servir de logement dans le parc du chapitre.

L'entrée du chapitre par le parc (XVIIIe siècle).
Le chevet de l'église.
Façade romane de l'église et portail gothique pour l'accès au cloître.
Portail gothique flamboyant donnant accès au cloître (XVe siècle).

        Le cloître, son puits, ses colonnettes, son calme et sa sérénité.
              
 
La salle capitulaire et ses fresques murales, sa chaise du prieur, ses culs-de-lampe.
                  


Le musée expose quelques vestiges telles ces sculptures symbolisant les évangélistes.
Saint Marc (le lion)
Saint Jean (l'aigle)
Les chanoinesses pouvaient et même se devaient d'accueillir des demoiselles, ses "nièces", qu'elles éduquaient en vue de leur inculquer les bonnes manières et une conversation de qualité.
Parmi les Chanoinesses célèbres, il y eut la tante paternelle d'Alphonse de Lamartine. Celle-ci, en 1787, hébergeait une jeune fille, Alix des Roys, en attente sans doute de devenir elle-même chanoinesse-comtesse. Le jeune frère de Mme de Lamartine, Pierre, lors de ses visites à sa soeur fut séduit par la grâce de la jeune personne. Ils se marièrent le 4 janvier 1790 et Alphonse naquit en octobre. Alix de Lamartine connut une mort étrange: émue par l'élection de son fils à l'Académie Française en 1829, elle voulut prendre un bain pour se calmer. Hélas, celui-ci était trop chaud, elle s'ébouillanta et mourut quelques jours plus tard des suites de ses brûlures.
Evidemment, comme dans beaucoup d'endroits religieux, la Révolution mit fin à l'institution et le site subit des dommages importants.

2 commentaires:

  1. Un peu, mon neveu! Euh, pardon ma nièce!
    Je te conseille vivement d'y aller faire un tour lors de ton prochain séjour là où tu sais.
    Nous avons été complètement emballés par ce site.

    RépondreSupprimer