mardi 5 juin 2018

MERS-LES-BAINS - SOMME.

Le destin de Mers-les-Bains a basculé à la fin du Second Empire et surtout durant la première partie de la IIIe République.
Petit village de pêcheurs, il est soudain devenu la destination de tous les gens fortunés ou au moins aisés qui sacrifiaient à la nouvelle mode des bains de mer. Cet essor fut facilité par la création en 1872, d'une ligne de chemin de fer qui reliait en trois heures la capitale à Mers qui n'était pas encore "les-Bains" et le Tréport, sa ville soeur.
Vue lointaine de Mers-les-Bains depuis les hauteurs du Tréport
Les gens fortunés décidèrent rapidement de s'y installer une demeure pour de courts séjours. C'est ainsi qu'on a vu, à la fin du XIXe siècle, construire de jolies maisons de vacances par de bons architectes. On était en pleine époque art-nouveau et ça se voit dans le style du front de mer.

  C'est frais, c'est coloré, c'est ravissant et la ville a su préserver cet attrait en obligeant les propriétaires à respecter des normes d'entretien et de restaurations des maisons.



                




Dans cette région française qui n'est pas connue pour son ensoleillement exceptionnel, l'aspect pimpant des maisons donne une impression de beau temps.

samedi 2 juin 2018

HAUTE-VILLE DE GRANVILLE - MANCHE

La Haute Ville de Granville est le quartier le plus ancien de cette commune. Elle est située sur un rocher (Pointe du Roc) qui forme une avancée sur la mer et qu'on nomme le Cap Lihou.
Pour y pénétrer, mieux vaut passer par la Grand-Porte qui date du 18e siècle. La ville fut une place forte qui fut créée en 1439 sur ordre du roi Henri VI d'Angleterre qui possédait la Normandie. Or, le roi de France Charles VII reprit la ville en 1442 et consolida les fortifications pour son propre compte. Plus tard en 1689, on commença à démanteler les remparts qu'on finit par relever entre 1727 et 1749.


En 1793, la ville est républicaine et se trouve assiégée par les Vendéens. Elle résistera si bien que les assiégeants partiront après avoir essuyé de lourdes pertes. Une plaque commémorative perpétue ce souvenir sur la Grand-Porte défendue par un pont-levis. Passé cette porte, on est en présence du musée d'art et d'histoire, ancien logis du gouverneur.

On découvre à l'intérieur quelques grandes maisons en granit et quelques inscriptions gravées dans la pierre ayant résisté au temps.
             

En parcourant les rues, on arrive sur une vaste place où se situe l'église Notre-Dame et la maison du Guet. Cette dernière bâtie en 1905 et qu'on aperçoit de loin, domine le port ainsi qu'il est naturel pour exercer une surveillance efficace.
 
L'église Notre-Dame du Cap-Lihou dont la construction débuta en 1440 sous la domination anglaise est en pierre de Chausey. L'époque de construction pourrait évoquer le gothique flamboyant. A voir l'aspect de l'édifice, on s'aperçoit qu'on en est loin. Il est vrai que la majeure partie de l'église date du XVIIe siècle et que la façade ouest fut terminée en 1767.
         





En poursuivant la promenade, on parvient à la pointe occidentale du cap.


On y découvre un monument à un Granvillais célèbre : Georges Pléville-Le Pelley (1726-1805), corsaire, officier de marine, ministre sous le Directoire, gouverneur du port de Marseille, etc.. Il fut aussi un des premiers à recevoir la Légion d'Honneur. Le monument est une oeuvre de François Pougheol, architecte à Caen.




 Plus loin, ce sont des vestiges du mur de l'Atlantique construit par les Allemands sous l'occupation, qui apparaissent, ainsi que le phare.

La promenade le long des remparts permet d'apprécier le paysage et les constructions anciennes.
      
De retour vers le ville nouvelle, on découvre le musée d'art moderne qui porte le nom d'un illustre Granvillais : Richard Anacréon (1907-1992). Il était un libraire et collectionneur d'art qui se fit connaitre pendant la guerre en fréquentant les célébrités et en se faisant offrir des objets, des manuscrits ou des tableaux en contrepartie de fournitures diverses en cette période de restrictions.

Depuis l'esplanade devant ce musée, on peut admirer un autre panorama sur la ville et la côte.


jeudi 24 mai 2018

VILLE DE RUE - SOMME.

Rue est une petite ville de la Somme à deux pas du parc du Marquenterre qui ne compte qu'un peu plus de 3000 habitants et qui pourtant possède un patrimoine extrêmement riche et prestigieux.
Au Moyen-âge, c'était un port prospère et une ville fortifiée. Le port s'ensabla petit à petit et se retrouva donc à l'intérieur des terres. Et en 1668, la place forte fut démantelée.


Il en reste un beffroi datant du XVe siècle pour sa partie la plus ancienne. La partie supérieure et des bâtiments secondaires ont été reconstruits durant la seconde moitié du XIXe. Cet ensemble a servi de mairie jusqu'en 1969. Du haut du clocheton, un guetteur veillait à la sécurité de la ville et avertissait en cas d'attaque ou d'incendie.


Autre intéressant vestige des temps anciens, cette maison à pans de bois (ou colombages) date du XVe siècle. Elle portait autrefois une enseigne "à la couronne".
L'église de la paroisse porte le nom de saint Wulphy. La première fut construite au XIe siècle, mais fut fortement endommagée en 1798 par une tempête. Elle fut détruite entièrement en 1827. L'église actuelle date de 1833 et est due à Charles Sordi (1771-1857) un architecte de la commune. La façade en est très sobre et l'intérieur donne une impression de profondeur et de grande clarté.
          




A gauche en entrant, a été reconstituée une grotte qui met en scène un crucifix miraculeux. La légende raconte qu'en 1101, vint s'échouer sur la côte une grande croix qui aurait fait le voyage depuis la Terre Sainte jusqu'à Rue. Pour le 800e anniversaire de cet événement, en 1901, l'évêque d'Amiens fit ériger ce monument.
Au-dessus du maître autel se trouve une gloire installée en 1878.
Parmi le mobilier, il faut citer les stalles dont une remarquable parclose représentant Adam et Eve chassés du paradis (mal placée pour la photographier). Elle est l'oeuvre du sculpteur Jehan de Rue.
               





On remarque aussi de belles statues du XVIIe siècle et plusieurs tableaux.
                                    

L'édifice le plus impressionnant de cette ville est la Chapelle du Saint-Esprit. Construite entre 1440 et 1515, elle est un pur exemple du gothique flamboyant. A l'origine, elle faisait partie de l'église saint Wulphy et avait été bâtie pour abriter la croix miraculeuse dont il était question plus haut. Le tympan est décoré de scènes de la vie du Christ, débutant en bas et s'achevant en haut par la crucifixion et la mise au tombeau. Au-dessus, sur le gable, se trouvent quatre figures de prophètes. Sur le trumeau, une Vierge à l'enfant domine quatre statuettes représentant les évangélistes.
            


Le vestibule, sorte de narthex, s'ouvre à gauche sur la chapelle proprement dite et à droite sur une petite pièce où ont été disposées des statues de différents personnages bibliques ou historiques puisque voisinent Saint Jacques le Majeur (apôtre), saint Grégoire et Charlemagne ou Louis XI.  Une belle porte en bois sculpté donne accès à un escalier qui permet de monter dans la trésorerie haute (malheureusement interdite au public).
Une remarquable clé de voûte pendante domine la pièce.
          
Un portail monumental ouvre sur la chapelle. Elle-même est formée de trois travées avec une voûte aussi décorée de clés pendantes multiples,  richement ornées de statuettes.
           
Sur le fond du narthex, se trouve une porte condamnée (?) surmontée d'un Ecce Homo. Les statues figurant de part et d'autre du portail de la chapelle représentent peut être le roi Louis XI et son épouse Charlotte de Savoie, généreux donateurs de la chapelle.
                          

Il est bon de noter que cette chapelle fut restaurée au XIXe siècle par les frères Duthoit, Aimé (1803-1869) et Louis (1807-1874), sculpteurs de renom qui ont aussi travaillé avec Viollet-le-Duc sur la cathédrale d'Amiens.


Moins spectaculaire, l'église de l'Hospice date du XVIe siècle. Sa façade en briques en fait un édifice curieux, si par ailleurs, il ne brille pas par sa beauté.