dimanche 24 mai 2015

BASILIQUE DE PONTMAIN - MAYENNE

Basilique Notre-Dame de l'Espérance.
Le 17 janvier 1871, il gèle fort sur la région, les  Prussiens sont aux portes de Laval, le moral des habitants est au plus bas. Ils craignent les exactions des soldats ennemis d'autant que les rumeurs à ce sujet vont bon train.
Il est cinq heures et demi du soir, il fait nuit. Deux jeunes garçons (Eugène et Joseph  Barbedette) aident leur père dans la grange familiale. Soudain, un des enfants sort et stupéfait voit apparaître une belle dame dans le ciel. Il appelle son frère qui la voit aussi. Les villageois rassemblés rapidement, eux, ne voient rien. Deux fillettes arrivent à leur tour et voient la même chose que les garçons. Seuls, ces quatre enfants verront la Dame. Le récit de l'apparition qui dura trois heures, est abondamment relatée sur ce site http://www.sanctuaire-pontmain.com/Recit-de-l-apparition.html.

L'évêque de Laval, Monseigneur Wicart reconnut officiellement l'apparition en février 1872, et demanda la construction d'un sanctuaire qui devint basilique en 1905.
Cet édifice fut construit en presque trente ans et consacré en 1900. Il est dû à l'architecte Eugène Hawke d'origine anglaise mais qui fit toute sa carrière en France. La basilique est de style néo-gothique. Sur le parvis, une statue représente la Vierge Marie telle qu'elle a été vue par les quatre enfants.
                 



L'intérieur est extrêmement clair et lumineux grâce aux immenses verrières dont les vitraux se présentent dans une dominante bleue absolument céleste.
              







Les chapelles latérales sont particulièrement intéressantes par leur facture soignée.

 Telle celle consacrée à Saint Louis de Gonzague dont l'autel est recouvert de céramiques. Sur la face de l'autel, une reproduction de l'inscription que les enfants avaient lu aux pieds de la Vierge lors de l'apparition.

La chapelle Sainte Anne dont un vitrail montre la mère de Marie avec cette dernière enfant.









Une autre chapelle est celle de Saint François d'Assise où le saint est représenté en prière, entouré d'animaux et surmonté de beaux vitraux. L'autel est en marbre de Carrare et date de 1934.
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Une autre est consacrée à Saint Michel, dont l'autel est surmonté d'un bronze représentant l'archange terrassant Satan.






 Il y a aussi ces deux belles icônes, dont l'une vient de Russie et l'autre de Pologne. Cette dernière est une copie de celle qui se trouve à Notre-Dame des Familles (ville de Makow-Podhalanski) en Pologne avec laquelle la basilique de Pontmain est jumelée.




               




De chaque côté de l'entrée, figure le texte de la décision de Mgr Wicart de reconnaître le miracle de l'apparition.
           

Sur le côté Est de la basilique un calvaire a été placé sur une plate-forme surélevée.






En avant du parvis de la Basilique, légèrement décalée vers l'Ouest, se trouve l'église paroissiale de Pontmain, dont la décoration intérieure rappelle aussi l'événement survenu en 1871.

mercredi 20 mai 2015

SAINT-GEORGES-BUTTAVENT - La-Chapelle-au-Grain - MAYENNE.

Sur la commune de Saint-Georges-Buttavent, dans le hameau de La Chapelle-au-Grain, se trouve un petit lavoir. Il n'a rien de grandiose, mais il est situé dans un cadre particulièrement agréable surtout au printemps lorsque les fleurs s'épanouissent et enchantent le lieu. 
Les lavandières ne s'y rendent plus pour nettoyer leur linge mais c'est devenu un endroit de promenade d'autant plus recherché qu'il est bien entretenu par la municipalité.

Que dire de plus, si ce n'est que le ruisseau qui passe là s'appelle l'Anxure à moins que ce ne soit la Pouriette car les deux sont cités.
Peu importe le nom du ru, du moment qu'on s'y sent bien.



     


lundi 27 avril 2015

HÔTEL DE SENS - PARIS - IVème arrondissement.

1, rue du Figuier.

Jusqu'en 1622, les archevêques de Sens avaient Paris dans leur archidiocèse. Et comme la capitale était malgré tout l'endroit où il fallait être, ces prélats y possédaient une demeure attitrée.
Tristan Salazar (1431-1518) fut nommé à ce poste en 1474; comme il était entreprenant et riche, il décida d'abattre le vieil hôtel d'Hestomenil qui servait de résidence parisienne aux archevêques et il fit ériger un nouveau bâtiment dans le style de l'époque, c'est-à-dire le gothique flamboyant.
Plus tard, Henri IV demanda à Renaud de Beaune, l'archevêque de ce temps de lui prêter cette demeure pour y loger son ex-épouse la reine Margot. Elle n'y demeura que peu de temps mais eut le temps de faire abattre le figuier (qui avait donné son nom à la rue) parce qu'il gênait le passage de son carrosse. Elle déménagea en 1608 pour aller s'installer rue de Seine (voir ici).
Puis, Paris étant devenue le siège de son propre archevêché, l'hôtel fut loué à différents occupants jusqu'en 1689 où il devint la gare des Messageries de Lyon, Bourgogne et Franche-Comté. Les rouliers l'occupèrent jusqu'à l'avènement du chemin de fer au milieu du XIXe siècle. Le voici tel qu'il apparaissait au début de ce siècle.

L'hôtel de Sens fut tour à tour, le siège d'une blanchisserie, puis d'une conserverie jusqu'en 1911, quand la Ville de Paris l'acquit et commença sa restauration. Celle-ci fut interrompue par la guerre et ne reprit que plus tard.
Les restaurateurs l'agrémentèrent de quelques accessoires superflus, mais dans l'ensemble, cet édifice reste un des plus beaux bâtiments parisiens de l'époque médiévale.
              
                           

La façade présente une curiosité qui se trouve là depuis le 28 juillet 1830. Ce jour-là, et depuis la veille, la révolution grondait dans les rues de Paris. C'est ce qu'on appellera plus tard, les Trois Glorieuses qui chassèrent le dernier roi de France, Charles X. De nombreux coups de canons furent tirés, et un boulet vint se ficher dans le mur de l'hôtel de Sens. Il y est encore et la date de son arrivée a été gravée dessous.




Derrière l'hôtel, un agréable et charmant jardin a été installé dans un style très éloigné du Moyen-âge. Il est cerné par les rues des Nonnains-d'Hyères et de l'Hôtel-de-Ville.





Aujourd'hui, l'Hôtel de Sens abrite la bibliothèque Forney.

dimanche 29 mars 2015

LA PISCINE - Musée - ROUBAIX - Département du Nord

Il y a de nombreux exemples de reconversions réussies, et une des plus belles est certainement celle du Musée d'Art et d'Industrie André Diligent, ou autrement dit, de la Piscine de Roubaix. Il faut reconnaître qu'on partait d'un bâtiment remarquable.
C'est en 1922 que le maire de Roubaix, Jean Lebas (1878-1944), charge l'architecte Albert Baert (1863-1951) de construire une piscine. Il mit dix ans à arriver à bout de cette oeuvre. Le résultat fut à la hauteur des ambitions de l'équipe municipale.
De style art-déco, elle offrait au public un bassin olympique de 50 mètres, ainsi qu'un établissement de bains-douches très important à cette époque où les logements étaient très peu équipés.
Elle resta en activité plus de cinquante ans, jusqu'en 1985, où elle fut fermée pour des raisons de sécurité. Cinq ans plus tard, le conseil municipal décida de sa transformation et chargea Jean-Paul Philippon de convertir ce bâtiment en musée. Ce qui fut accompli en 2001. Là encore, c'est une totale réussite à tout point de vue. Par un travail remarquable, le bassin a été converti en salle d'exposition, et les anciennes cabines placées autour ont été conservées pour se transformer en vitrines pour les petits objets et les tissus.
La façade extérieure de briques offre peu d'intérêt, et l'approche se fait en découvrant quelques oeuvres contemporaines disposées sur la pelouse.
 


En revanche, l'intérieur est magnifique aussi bien par l'harmonie des volumes que par la douce lumière qui baigne l'ensemble.
     
L'idée de conserver un plan d'eau réduit par rapport à la taille originale du bassin et de disposer de grandes sculptures autour, donne un résultat infiniment séduisant. De plus, il est possible de voir les oeuvres de dos en longeant la galerie qui surplombe légèrement le bassin. On peut voir sur la photo de droite que le bord recouvert de céramique de l'ancien bassin a été conservé avec bonheur.

Les sculptures présentées sont des oeuvres variées d'artistes des XIXe et XXe siècles:
Le Faucheur d'Henri Bouchard (1875-1960) datant de 1906, le Grand paysan (1897) de Jules Dalou (1838-1902) ou Friedrich Haendel (1874) par Jean-Jules Salmson (1823-1902). A gauche de cette dernière on aperçoit une statue représentant Lully par Pierre-Alexandre Schoenewerck (1820-1885) et plus loin une Jeune fille à la fontaine du même artiste.  Ces deux représentations de compositeurs sont des plâtres originaux destinés au décor de l'Opéra de Paris.
           

Plus loin, deux oeuvres très différentes : Sainte Germaine par Alexandre Falguière (1831-1900) et les Nymphes de la Seine par Alfred Boucher (1850-1934), une oeuvre réalisée avec le concours de la Manufacture Nationale de Sèvres pour une fontaine destinée à l'exposition universelle de 1900
                                    


A l'extrémité de cette vaste salle, un grand portique ferme le belle perspective du bassin. Réalisé en grès cérame pour l'exposition internationale de Gand de 1913, il est dû à Alexandre Sandier (1843-1916) directeur artistique de la Manufacture de Sèvres.

 Si on passe sur la "rive d'en face", on découvre d'autres oeuvres plus modestes comme ces beaux vases dus à Alexandre Sandier et Jules Dalou, tous deux évoqués plus haut. Le vase de Dalou s'appelle la Ronde d'enfants. Pour celui de Sandier, le socle qui le supporte est encore plus admirable que le vase lui-même.



 Les galeries latérales nous montrent d'autres oeuvres variées où l'on peut voir des céramiques de Picasso, des costumes anciens, mais aussi découvrir des oeuvres simplement décoratives ; ainsi ces panneaux de céramique et ces vitraux signés de grands verriers. Les céramiques sont d'Alfred Boucher évoqué plus haut. Le premier vitrail est dû à Théophile Laumonnerie (1863-1924) et se nomme "Souvenir d'automne". Le second est dû à Jacques Gruber (1870-1936) le plus célèbre des verriers de l'art-nouveau.




                      
Il n'est évidemment pas possible de décrire les centaines d'oeuvres que l'on peut voir dans ce musée. Néanmoins, en voici encore quelques unes jugées intéressantes sans pour autant porter de jugement de valeur sur les autres.


Ce buste de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), intitulé "Pourquoi naître esclave". ou cette petite sculpture animalière de Antoine-Louis Barye (1795-1875).






A gauche un buste de Jean Lebas, maire à l'origine de la construction de la Piscine par Alexandre Descatoire (1874-1949), Jules Dalou par Auguste Rodin (1840-1917) et le Prince Impérial par Jean-Baptiste Carpeaux.
                         


La peinture est aussi mise en valeur tout au long des salles d'exposition situées au premier étage.
 On peut citer quelques toiles au hasard de la visite, telle celle-ci qui montre avec un grand réalisme le travail des ouvrières de la laine dans "Scène de triage de la laine" de Théodore Gueldry (1858-1845) ou cette autre de Charles Hoffbauer (1875-1957) qui s'intitule très simplement "Sur la plage" et qui rappelle un peu les atmosphères d'Eugène Boudin.

 Une petite salle est consacrée à un peintre belge spécialiste de scènes historiques, Jean-Joseph Weerts (1846-1927) où on peut voir sa représentation de "la Mort de Marat" ou de "la Nuit dramatique de 9 au 10 thermidor", ainsi qu'un buste le représentant par Alexandre Descatoire.



Pour terminer cette brève présentation de ce magnifique musée, citons ce tableau de Rémy Cogghe (1854-1935) un peintre académique belge installé à Roubaix et qui décrit à merveille l'atmosphère survoltée des combats de coqs. Le tension se lit sur les visages de spectateurs de toutes conditions qui sont autour de l'arène.





L'entrée du musée.