dimanche 22 mars 2015

VILLA AUGUSTE BLANQUI - PARIS - XIIIème arrondissement.

Cette impasse qui se trouve entre le n°42 et le n°44 de la rue Jeanne d'Arc, est un endroit préservé, où on semble se trouver très loin de Paris.
Construite dans l'entre-deux-guerres par l'architecte Maurice Cretelle (1891-?), elle est bordée de maisons de briques à l'allure désuète.
Petites allées menant à des jardinets minuscules, escaliers rustiques aboutissant à des perrons surmontés de marquises plus ou moins ouvragées ne donnent certes pas l'impression d'être à Versailles. Néanmoins, il s'en dégage un grand charme d'autant que les façades peu amènes du quartier alentour ne permet pas d'en envisager l'existence.
         





          





dimanche 15 mars 2015

RUE DU REGARD - PARIS - VIème arrondissement.

Cette rue s'est appelée autrefois le Petit-Chemin Herbu. Il faut se rendre compte que jusqu'au XVIIe siècle, il y avait ici des champs et que Louis XIII y chassa la perdrix.
Elle prit son nom actuel en 1667, lorsqu'on installa une fontaine au coin de cette voie et de la rue de Vaugirard. Il y avait ici, un regard qui permettait de vérifier le bon fonctionnement de la fontaine. En 1855, la fontaine fut transférée au dos de la fontaine Médicis dans le jardin du Luxembourg.
C'est au cours du XVIIIe siècles que furent construits les hôtels particuliers qui jalonnent cette rue, du moins du côté impair.
Ils furent construits par Victor Dailly, puis par Claude-Brice Le Chauve pour les Carmes qui avaient accumulé une fortune importante grâce à leur eau de mélisse et à d'habiles spéculations.
Le n°1 en particulier fut construit par les Carmes pour une femme qui eut une vie mouvementée et riche de péripéties. Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes naquit en 1670 dans une famille de haute noblesse, son grand-père Charles d'Albert ayant été connétable de France. Elle reçut une éducation très austère à Port-Royal; à tel point qu'ayant été emmenée à l'opéra, elle ne leva pas les yeux de tout le spectacle. Plus tard, sa vie prit un tout autre tour. Elle fut mariée à 13 ans au comte de Verua (traduit en français par Verrue), un officier au service du duc de Savoie, prince du Piémont, Victor-Amédée II. Ce dernier quand il la vit paraître à sa cour en tomba amoureux. Après avoir résisté à ses avances pendant deux ans, elle lui céda et devint la favorite quasi-officielle du duc. Cet état de fait dura dix ans; jusqu'à ce que la belle jeune femme, bien qu'occupant une place privilégiée, lassée de supporter les sautes d'humeur de son amant, décide de s'évader. En 1700, déguisée en homme, elle quitta Turin et rejoignit Grenoble, terre française. 
Elle trouva finalement refuge à Paris au couvent des Bénédictines du Cherche-Midi dont sa tante était la fondatrice. Elle y resta à la demande de son mari, et ne retrouva la liberté qu'à la mort de celui-ci en 1704. Là, commença sa nouvelle vie. Elle tint un salon couru par les gens d'esprits et se constitua une bibliothèque extrêmement riche qui contint jusqu'à 18000 volumes. Cette collection n'était pas qu'ornementale puisque la Dame lisait et s'instruisait beaucoup. Elle mourut en 1736, avant d'avoir vu s'achever la construction de son hôtel particulier, mais en ayant eu le temps d'écrire son propre épitaphe: 
Ci-gît, dans une paix profonde
Cette dame de Volupté, 
Qui pour plus grande sûreté,
Fit son paradis en ce monde.
Alexandre Dumas lui consacra un roman "la Dame de Volupté".
               
Autres beaux portails, ceux du 5 et du 7. Le premier s'ouvre sur l'hôtel de Rottenburg devenu ensuite hôtel de Croÿ. Le n°7 est celui de l'hôtel de Beaune. Ce dernier a été la demeure du maréchal Victor, duc de Bellune de 1830 à 1841, ainsi que celle de René de Chateaubriand en 1825-6.
                        

 Un autre beau portail est celui du n°13, qui est l'adresse d'un autre hôtel construit par les Carmes en 1739. L'architecte en est vraisemblablement Claude-Brice Le Chauve.
C"est aujourd'hui le foyer des soeurs Antonines Maronites Libanaises.

Le n°15 lui, est enclavé dans le terrain qui appartenait aux Carmes. Construit en 1752, il fut l'hôtel du comte de la Guiche un arrière petit-fils de Diane d'Andouins, maîtresse d'Henri IV avant qu'il ne fût roi de France. L'hôtel reçut des décorations magnifiques par son propriétaire. Il fut aussi occupé par une communauté religieuse et par le Mont-de-Piété.
          

Le côté des n° pairs est beaucoup moins riche en patrimoine historique.
On ne peut ignorer pourtant deux façades particulières. 

Celle du n°6, par exemple est depuis 1804, celle du Séminaire de Saint-Sulpice fondé par Jean-Jacques Olier en 1641 et dont l'établissement principal est à Issy-les-Moulineaux.






Le n°14 a été construit par l'architecte Georges Vaucheret en 1880. Il montre  des atlantes et des cariatides curieusement placés au premier étage.
         


Sur ce même trottoir, il existe deux devantures de boutiques qui montrent la survivance de certains petits commerces parisiens.
 

mercredi 11 mars 2015

EGLISES ET AUTRES CURIOSITES DE JOIGNY - Département de l'YONNE

Cité millénaire, Joigny a été autrefois la capitale d'un comté. Ce serait le roi Philippe Ier qui l'aurait élevée à ce titre pour contrecarrer la puissance du comté voisin de Sens.
Elle subit un épouvantable incendie en 1530 qui détruisit la majeure partie de la ville. Très peu d'édifices anciens sont antérieurs à cette date.
Aujourd'hui, Joigny n'est plus qu'une petite ville qui a perdu beaucoup de son importance. Sous-préfecture après la Révolution, elle perdit ce privilège en 1926. Elle a perdu aussi les casernements militaires qu'elle abritait (dragons, artilleurs, géographes). Elle possède aujourd'hui une population inférieure à dix mille habitants.
Néanmoins, elle a conservé de beaux vestiges de son passé, qui mériteraient un meilleur entretien.
Située place de la République, l'église Saint André et l'une des mieux conservées. Sa construction s'est étalée sur plusieurs siècles du XIe au XVIe.
D'abord chapelle de prieuré, elle devint église paroissiale au XIIIe siècle. Sa façade en est la partie la plus récente. On y voit au-dessus d'un porche, une représentation en bas-relief, du martyre de Saint André.
               

L'intérieur présente une nef à côté de laquelle un collatéral a été construit après 1530. On y voit aussi une très belle piéta datant sans doute du XVe siècle.
     


Il y a aussi de beaux vitraux du 16e siècle, qui projettent de jolies taches de lumière sur le mobilier de l'église.


Sur la même place de la République située à l'emplacement d'un ancien cimetière, on découvre un édifice imposant qui date du 19e siècle. C'est l'ancien Palais de Justice. Aujourd'hui désaffecté, il appartient à des particuliers. Derrière ce bâtiment se trouve la chapelle des Ferrand, datant du début du 16e siècle et qui fut édifiée à la demande de Jean Ferrand, archidiacre de Sens pour servir de sépulture à sa famille. Cette chapelle est ornée de beaux bas-reliefs.
                
 Dans le quartier, une association a créé en 1926, la commune libre de Saint André qui anime des divertissements sympathiques autour de défilés folkloriques et d'activités sociales de toutes sortes. Voir l'article de L'Yonne ici.

 C'est aussi dans ce quartier qu'est né en 1902, un grand écrivain français fort décrié par la critique, mais très apprécié des lecteurs, Marcel Aymé. Il n'est pas resté longtemps à Joigny puisqu'il a quitté très tôt la ville pour aller vivre dans le Jura, puis à Paris.


 En descendant la rue Dominique Grenet, on passe devant l'hôtel Louis de Guidotti, qui fut gouverneur de la ville de 1612 à 1643 et qui fit construire cet hôtel, dont l'entrée est flanquée de deux tours imposantes.







La même rue se transforme en rue Couturat ponctuée d'un très beau portail du 17e siècle dont l'origine reste mystérieuse.




Au bout de cette rue, on débouche sur une place, face à la magnifique maison du Bailli.
Celle-ci date du 16e siècle et est ornée de nombreuses sculptures en bois d'inspiration religieuse.

                

                   

En face de cette belle maison, se trouve la porte Saint Jean qui permet d'accéder à l'église du même nom et au Château des Gondi.
L'église Saint Jean se trouve sur une hauteur au milieu d'une esplanade où on découvre également le château.
               
Ce qui frappe à l'entrée dans cette église, c'est le plafond de la nef entièrement ouvragé dont le décor date de la Renaissance. L'église ayant subi de grands dommages lors de l'incendie de 1530, fut reconstruite par Jehan Chéreau en modifiant certains éléments au goût de l'époque.
                 
Parmi le mobilier de cette église, il faut s'attarder sur une mise au tombeau de marbre datant du début du 16e siècle et sur le tombeau de la comtesse Aélis datant du 13e siècle.
      
 
Sur la même esplanade se trouve le château des Gondi. Plusieurs familles comtales se sont succédé entre le 11e et le 18e siècle. Louis de Sainte Maure, qui était en place au moment de l'incendie de 1530, a fait reconstruire le château par Jehan Chéreau qui s'inspira de l'architecture italienne. Le comté passa en 1603 à Pierre de Gondi qui le cèda à son neveu Philippe-Emmanuel. La famille Gondi détint la seigneurie de Joigny jusqu'à la Révolution.
Du projet initial du château, seule la moitié fut réalisée, ce qui lui confère un aspect inachevé.
    
La rue Montant au Palais au nom explicite, est la suite logique de la visite. Cette fois, elle est plutôt celle qui descend du palais et mène à une place sur laquelle apparaît une très belle maison dite de l'arbre de Jessé. En effet, sur sa façade, une sculpture de bois figure l'arbre généalogique du Christ à partir de Jessé, père du roi David.
                  

Plus loin, une place évoque une pratique heureusement disparue : place du Pilori.
La magnifique maison du pilori comme la plupart des maisons anciennes date d'après 1530. Elle appartenait à un drapier du nom de Martin Leboeuf. Une sculpture-rébus figure sur le pilier central et montre Saint-Martin sur son cheval et un blason où apparaît un boeuf. Le décor de céramique colorée a sans doute été ajouté plus tard.
                      
En face de cette maison, l'église Saint Thibault. Construite au 11e siècle, elle fut presque détruite pendant la guerre de Cent Ans. Elle fut reconstruite de 1490 à 1529, mais à nouveau fortement endommagée en 1530 par l'incendie. 

Aujourd'hui, elle conserve de belles sculptures dont la première accueille les fidèles et les amateurs d'art au-dessus de la porte. C'est une statue équestre de Saint Thibault par Jean de Joigny. A l'intérieur deux très belles Vierges gothiques attirent aussi les regards.
                 



Il y a aussi les magnifiques bas-reliefs renaissance qui ornent la chapelle de la Vierge située derrière le choeur.


De part et d'autre de l'entrée de cette chapelle, ce sont la Résurrection et l'Ascension qui sont représentés.










A l'intérieur sur les murs latéraux, on trouve des représentations de la Passion, de l'Annonciation, de la Nativité, etc.. 
Il ne faut pas oublier d'admirer les voûtes de l'église de style gothique flamboyant.
                        

       

Au hasard des rues de Joigny, il est aussi possible de découvrir des curiosités moins exceptionnelles mais quand même intéressantes, telles la maison natale de Sainte Madeleine-Sophie Barrat fondatrice des Religieuses du Sacré-Coeur, cette maison dont l'enseigne montre qu'elle servait d'auberge et la maison dite de l'Ave Maria pour ce qu'elle montrait des sculptures dédiée à la Vierge Marie.
                    

Et aussi cette vielle porte fortifiée de la ville, la dernière encore debout et qui se nomme Porte du Bois parce qu'elle s'ouvre sur la forêt d'Othe.

Encore trois photos qui montrent un peu l'atmosphère relativement endormie qui règne sur la ville. A droite, l'ancien hôtel de ville sur la place du Général Valet.