dimanche 8 janvier 2017

CIMETIERE DU PERE-LACHAISE - PARIS - XXème arrondissement (1ère partie)

Le cimetière du Père-Lachaise est certainement le plus connu de Paris. Il en est aussi le plus étendu.
Il est impossible d'en faire l'inventaire complet à moins d'y presque consacrer sa vie (merci Monsieur Philippe Landru. Voir ici).
On se contentera pour l'instant de ne visiter qu'une petite partie, celle qui est surtout "habitée" par les personnalités du Premier Empire. Ces tombes sont regroupées dans les divisions 28 à 30 et 37 à 39.
Ces divisions sont dans une des parties les plus pittoresques du cimetière, avec des allées qui s'enchevêtrent et qui se trouvent à des niveaux différents reliés par des escaliers pas toujours très réguliers. Se promener dans ce secteur est un vrai dépaysement bucolique.
               



Pour y accéder, on peut passer par le rond-point Casimir Perier (1777-1832). Là, se trouve un très grand monument dominé par une statue de ce personnage historique, homme d'affaires, régent de la Banque de France puis ministre de Louis-Philippe Ier, décédé du choléra lors de l'épidémie de 1832. Le monument est dû à l'architecte Achille Leclère (1785-1853) et au sculpteur Jean-Pierre Cortot (1787-1843).
              






En empruntant l'avenue des Acacias, on arrive dans la partie napoléonienne du cimetière.

30e division:
La première tombe importante est celle de François Christophe Kellermann (1735-1820) duc de Valmy, maréchal de France. C'est en grande partie grâce à lui que la bataille de Valmy fut remportée par les Français, fortifiant la Convention qui proclama la Ière République le lendemain, 21 septembre 1792.
La tombe contient également les restes de la famille dont François Etienne Kellermann (1770-1835), le fils du maréchal., général lui-même et qui fut présent à Quatre-Bras et Waterloo.

Un peu plus loin, une tombe nettement plus modeste est celle de la famille de Casteja. Il s'agit d'une très ancienne famille dont les ancêtres remontent aux croisades. Un de ses membres (André 1780-1828) fut contemporain de l'empire durant lequel il fut sous-préfet. Il se rallia aux Bourbons à leur retour.








Dans la même division, se trouve aussi la tombe de Louis-Jean-Népomucène Lemercier (1771-1840) poète et auteur dramatique prolifique, membre de l'Institut, aujourd'hui, un peu oublié.









Beaucoup plus célèbre, fut Emmanuel-Joseph Sieyès (1748-1836), dit l'abbé Sieyès, qui fut tour à tour prêtre, pamphlétaire (Qu'est-ce que le Tiers-Etat?), Directeur durant le Directoire, président du Sénat-Conservateur. Il fut nommé comte d'Empire en 1808, mais dut s'exiler sous la Restauration pour avoir voté la mort de Louis XVI. Il fut partisan du suffrage censitaire qui ne peut être exercé que par des gens capables de le pratiquer en connaissance de cause (ce qui protégerait du dangereux populisme).



37e division :

 Le premier monument sur lequel on tombe est celui du maréchal Laurent Gouvion-Saint-Cyr (1764-1830). Peu enthousiasmé par l'Empire, il poursuivit une carrière chaotique due en partie à son caractère peu docile. Nommé malgré tout comte d'Empire, il fut aussi élevé au rang de marquis par Louis XVIII dont il fut plusieurs fois ministre.






Au dessus de la division 37, on aperçoit un monument spectaculaire dédié au général Jacques Nicolas Gobert (1760-1808). Cet éminent officier eut une carrière brillante durant la révolution puis fut envoyé en Guadeloupe d'où il était originaire pour mater une révolte d'esclaves. En 1808, il fut envoyé en Espagne où il fut tué à Guarroman. La sculpture est due à Pierre-Jean David d'Angers (1788-1856).





Beaucoup plus sobre, juste en-dessous, se trouve la sépulture de la famille Macdonald. Le maréchal Etienne Macdonald (1765-1840) duc de Tarente, issu d'une famille écossaise, naquit à Sedan puis passa sa jeunesse à Sancerre. Après avoir soutenu le coup d'état du 18 brumaire, il poursuit une carrière tantôt militaire tantôt diplomatique. Il est fait maréchal à Wagram en 1809. Ayant refusé tout poste lors des Cent-Jours, il est nommé Grand Chancelier de l'ordre de la Légion d'Honneur par Louis XVIII.






A quelques pas de là, une autre chapelle est la sépulture de la famille Frochot. Nicolas Frohot (1761-1828) échappa de peu à la guillotine sous la Terreur, puis nommé par Bonaparte, fut le premier préfet de la Seine. A ce titre, il est l'un des fondateurs du cimetière du Père-Lachaise. Il fut fait comte d'Empire.


En face, un peu plus loin, un monument abrite les dépouilles de la famille du comte de Lavalette. Antoine marie Chamans de Lavalette (1769-1830) fut directeur des Postes sous l'Empire, puis durant les Cent-Jours. Il était marié à Emilie de Beauharnais (1781-1855), nièce de Joséphine.
Grâce à son épouse, il réussit à s'enfuir de la prison où il avait été mis en 1815, après le retour définitif de Louis XVIII: alors qu'il devait être exécuté le lendemain, sa femme et sa fille lui rendirent visite. Il prit les vêtements de son épouse et quitta la prison tranquillement en simulant un grand chagrin. Plus tard revenu d'exil en 1822, il retrouva une épouse rendue folle par son incarcération, à moins que ce soit par l'infidélité de son époux.
Un bas-relief sur le monument retrace l'épisode de l'évasion.

38e division :
Un autre contemporain de l'Empire est inhumé tout près : Guillaume Dupuytren (1777-1835) célèbre médecin ayant décrit en 1831 une contracture de la paume de la main à laquelle on a donné son nom. Il fut professeur de médecine et chirurgien du roi sous Charles X et Louis-Philippe Ier.
Par une curieuse ironie du sort, il aurait été l'amant de la comtesse de Lavalette (voir au-dessus) durant l'exil de son mari.






Juste en face, au coin de l'avenue des Acacias et du chemin Abadie, se trouve un monument vertical qui recouvre la tombe du général-baron Jean Melchior Dabadie de Bernet (1748-1820). Il occupa diverses fonctions dont celle de directeur des Fortifications. Nomme baron en 1810, il fut commandant de la Légion d'Honneur sous la première Restauration puis mis à la retraite après les Cent-Jours.





Un peu plus loin, sur le chemin Abadie, une tombe est à relier à la précédente car il s'agit forcément de la même famille : les plus illustres représentants en ont été Arnauld Michel et Antoine d'Abbadie d'Arrast (1815-1893 et 1810-1897). Ces deux frères furent de grands voyageurs, géographes et politiques. Aucun des deux n'est enterré ici.
Derrière ce monument, on aperçoit un obélisque qui recouvre la tombe d'Augustin Daniel Belliard (1769-1832) général et comte d'Empire. Il  participa à beaucoup de combats sous l'Empire et la Restauration puis fut nommé ambassadeur en Belgique où il négocia l'indépendance de ce pays. Il reste très populaire dans ce pays.


39e division :
 En abordant cette division, on passe par le chemin Suchet-Jordan, ainsi nommé parce qu'il comporte entre autres la tombe de Louis-Gabriel Suchet (1770-1826) maréchal de France, duc d'Albufera. Fils d'un soyeux lyonnais, il entre dans la Garde nationale et monte rapidement en grade. Il participe à la campagne d'Italie, puis aux campagnes napoléoniennes. C'est surtout en Espagne qu'il s'illustre en pacifiant l'Aragon. Durant les Cent-Jours, il rallie Napoléon, et est exclu de la Chambre des Pairs à la seconde Restauration.
Les sculptures de son tombeau sont de Pierre-Jean David d'Angers


A côté, un modeste monument évoque le général Charles-Etienne-François Ruty (1774-1828). Ayant participé aux guerres de la Révolution, il accompagna Bonaparte en Egypte. Il servit aussi en Espagne. Etant rallié à Louis XVIII, il fut fait comte, puis durant les Cent-Jours, accompagna Napoléon. Il Fut néanmoins admis à la chambre des Pairs en 1819.







Il n'y a pas que des militaires dans ce secteur, et cette fois, nous découvrons la tombe d'un architecte, Louis-Nicolas Destouches (1788-1851) et de son épouse Armande Edmée Charton (1787-1831). Grand prix de Rome, architecte du Museum d'histoire naturelle et du Panthéon à partir de 1831. Armande servit de modèle à Ingres pour un célèbre portrait à la mine de plomb.




 Apparaît alors un monument plus important dédié à la famille Murat dont le fondateur Joachim Murat (1767-1815) a accumulé les titres : Maréchal d'Empire, grand-duc de Berg et de Clèves, roi de Naples. Il était aussi l'époux de Caroline (1782-1839), soeur de Napoléon. Il mourut en tentant de reconquérir son royaume après la chute de l'Empire. La sépulture renferme une partie des descendants du couple, mais pas les fondateurs de la famille dont les restes n'ont pu être identifiés dans leurs tombes en Italie.

28e division :
Derrière cette tombe, se trouve un monument bien plus spectaculaire, celui dédié au vice-amiral Denis Decrès (1761-1820) ministre de la Marine, fait comte puis duc. Il s'illustra à Malte après la défaite d'Aboukir puis Bonaparte le nomma ministre et le conserva à son poste jusqu'à son abdication. Il mourut dans des circonstances troubles puisque c'est sans doute un domestique qui, pour masquer un vol, aurait mis le feu à sa maison provoquant la mort de son maître.
Son tombeau est une oeuvre de Louis Merlieux (1796-1855) et montre des bas-reliefs rendant hommage aux exploits de l'illustre marin, ainsi que le sabre reçu de l'empereur en remerciements de son dévouement.
        

Juste à côté, la tombe d'un autre maréchal, François-Joseph Lefebvre (1755-1820) duc de Dantzig. En 1783, il épousa Catherine Hubscher (1753-1835) que Victorien Sardou surnomma madame Sans-gène. Sa carrière militaire se développa rapidement puisqu'il fut général en 1792. Gouverneur militaire de Paris, au moment du 18 brumaire, il se rallie à Bonaparte qui le fait maréchal très tôt en 1804. Il est de beaucoup de batailles de l'Empire, se rallie à Louis XVIII, puis à Napoléon lors des Cent-Jours, mais retrouvera la pairie en 1819.


.
Un autre maréchal gît tout près: André Masséna (1758-1817) duc de Rivoli, prince d'Essling. Fils de commerçant, il s'engage très tôt et grimpe les échelons de la hiérarchie jusqu'à devenir adjudant, le grade le plus haut atteignable par un roturier. La Révolution va lui permettre de s'élever jusqu'à devenir général. Il s'illustre lors des campagnes d'Italie et dans les campagnes napoléoniennes en particulier à Essling et Wagram. Il échoue au Portugal, ce qui lui vaut une courte disgrâce. Durant les Cent-Jours, il reste neutre, mais meurt peu après de la tuberculose.



39e division (2e partie)

Autre figure marquante de cette période, est Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824) duc de Parme, archichancelier de l'Empire. Il traversa successivement les différents régimes qui gouvernèrent la France de la Royauté à la chute de l'Empire. Il présida en effet la Convention, le conseil des Cinq-Cents et fut aussi second consul. En théorie durant l'Empire il fut le deuxième personnage du régime en tant qu'archichancelier. Il ne se rallia pas aux Bourbons lors de la Restauration.





Infiniment moins connu, Jean-Baptiste Roussilhe-Morainville (1732 -1822) occupa des postes divers puisqu'il fut tour à tour clerc de notaire, aide de camp d'un officier, ingénieur chargé de curer le port de Marseille, financier, entrepreneur. Il fut chargé de plusieurs missions très variées par le Directoire et le Consulat.





Une autre sépulture abrite plusieurs membres de la famille Turpin : Amédée Turpin (1792-1832) capitaine de la garde municipale. Il fut tué lors des émeutes parisiennes de juin 1832. Charles Jean Turpin (1790-1873) avocat, peut-être le frère du précédent. Charles Turpin (1748-1822) sans doute leur père. Les inscriptions sur le monument sont très difficiles à déchiffrer, mais le bas-relief de la stèle centrale laisse à penser qu'il y a aussi des épouses et mères dans cette tombe. La sculpture serait d'un des membres de la famille de sculpteurs Fessard, sans doute Pierre-Alphonse (1798-1844) qui oeuvra beaucoup au Père-Lachaise.


Puisqu'on est sur le chemin Camille Jordan, jetons un coup d'oeil à sa tombe. Camille Jordan (1771-1821) était un homme politique qui s'opposa à la Révolution ce qui lui valut un exil en Suisse durant la Terreur, puis à nouveau sous le Directoire. Ami de Madame de Stael et de Chateaubriand, il resta neutre pendant le règne de Napoléon. Sous la Restauration il fut président de la chambre des Députés.
Il fut l'oncle d'Alexis Jordan, botaniste, et grand-oncle de Camille Jordan, mathématicien. Il était aussi cousin germain de Casimir Perier dont il est question au début de cet article.


Cet inventaire est loin d'être exhaustif, car il reste beaucoup d'autres tombes de personnages célèbres de la Révolution et de l'Empire dans ce secteur. Cet article sera complété par d'autres au fil du temps.

mercredi 30 novembre 2016

EGLISE NOTRE-DAME DE BONNE-NOUVELLE- PARIS IIème arrondissement.

Cette église dont l'adresse est rue de la Lune, fait le coin avec la rue de Bonne Nouvelle. Elle est bordée à l'arrière par la rue Beauregard.
Construite entre 1823 et 1830, elle a été conçue par l'architecte Etienne-Hippolyte Godde (1781-1869). Elle est la troisième construite à cet emplacement.
Au Moyen-âge, passait à cet endroit l'enceinte de Charles V. Le long de ce mur furent entassés des gravats et des déchets variés qui formèrent une butte sur laquelle s'installèrent des moulins à vent. Ce quartier fut appelé Ville-Neuve-sur-Gravois et on le dota d'une chapelle.
Elle fut construite au XVIe siècle et portait déjà son nom actuel en souvenir de l'Annonciation. Plus tard, en 1591, comme Henri IV assiégeait Paris, la Ligue, pour faciliter la défense, démolit la chapelle en même temps que les moulins qui l'entouraient.
En 1624, Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, posa la première pierre d'un nouveau bâtiment. Elle y vint de nombreuses fois pour prier en vue de mettre fin à sa stérilité. En 1823, l'édifice ayant subi de nombreux dommages durant la révolution, on le démolit en n'en conservant que le clocher.



L'architecte Godde conçut la nouvelle église dans le style néo-classique avec en façade, un péristyle surmonté d'un fronton triangulaire.






 L'intérieur est composé d'une nef centrale sans transept et se terminant en cul-de-four. Elle est flanquée de deux bas-côtés se terminant de la même manière.




La chapelle de la Vierge qui termine un des bas-côtés est ornée d'une belle statue en bois (Ecole française du XVIIIe siècle) et les murs portent des peintures de saints par Auguste Hesse (1795-1869).
               


Autres oeuvres dignes d'intérêt, un groupe sculpté représentant l'Annonciation et une statue de Saint Jérôme en albâtre. On en ignore les auteurs








 Le baptistaire de cette église est particulier puisqu'il est prévu pour les baptêmes par immersion. Contenu dans un octogone, il présente une croix dont les espaces entre les branches sont ornés de mosaïques représentant les quatre évangélistes. On descend dans la piscine par sept  marches représentant les 7 péchés capitaux que l'on rejette par le baptême.

En face de l'église se trouve un tout petit espace vert appelé square Jacques-Bidaut (1895-1944). Cette personne était un secrétaire général de la mairie du IIe arrondissement qui fut déporté en 1943 pour faits de résistance.


samedi 8 octobre 2016

PORTE SAINT-DENIS - PARIS - IIème et Xème arrondissements.

Parmi les arcs de triomphe que compte Paris, la Porte Saint-Denis en est sans doute le plus ancien. Construite en 1672, elle commémore les victoires de Louis XIV lors de la Guerre de Hollande.
Elle fut commandée par le roi et c'est l'architecte François Blondel (1618-1686) qui fut chargé de la construire.
Elle remplaça une autre porte située à environ 50 mètres plus au sud et qui se trouvait sur l'enceinte de Charles V.
Louis XIV se souvenant de la période de la Fronde voulait que Paris ne soit plus défendu par une enceinte fortifiée. Il voulut aussi agrandir la ville en traçant de nouvelles limites. On détruisit les anciennes fortifications et on perça donc un nouveau boulevard planté d'ormes qui fut appelé "Nouveau-Cours" et qui correspond aux Grands Boulevards actuels. C'est sur ce "Nouveau Cours" au croisement avec la route qui menait à la Basilique Saint-Denis qu'on installa l'arc de triomphe. Un autre fut construit deux ans plus tard au croisement avec la rue Saint Martin.




En 1672, poussé par Louvois, ministre de la Guerre, Louis XIV entre en guerre contre les Provinces-Unies (sensiblement les actuels Pays-Bas). Il franchit rapidement le Rhin à Tholuis et prend Utrecht. Il s'ensuit une guerre de six ans qui permit à la France de devenir la première puissance en Europe en confisquant la Franche-Comté à l'Espagne et en récupérant plusieurs enclaves dans le nord du pays. En revanche, la réputation de Louis XIV fut lourdement assombrie par les pillages et massacres qui eurent lieu lors des prises de villes.
 Les sculptures qui ornent la porte sont de Michel Anguier (1612-1686).


Aux frontons, figurent des bas-reliefs représentant côté sud le Passage du Rhin et côté nord la prise de Maastricht (qui n'eut lieu qu'en 1673).



Les pyramides qui ornent les parties latérales sont chargées de trophées guerriers avec sur la face sud, des statues d'une part de la Hollande désespérée et de l'autre du Rhin vaincu. La face nord quant à elle ne comporte que des ornements militaires.
                      
Le dessous de la voûte est décoré de fleurons et d'un mascaron central rappelant le surnom du Roi Soleil.
La gloire royale est par ailleurs fièrement affirmée sur des plaques de marbre apposées en bas des jambages de la porte.

Sur le haut de la porte est apposée le nom du roi en latin et en lettres dorées : Ludovico Magno (Louis le Grand). On raconte que Napoléon Ier lors de son règne aurait fait dédorer ces lettres afin qu'elles soient moins clinquantes (la concurrence n'est supportable que dans une certaine limite).
Depuis la rue de la Lune, on découvre  un point de vue sur la Porte Saint-Denis qui lui donne un aspect moins ostentatoire.