dimanche 15 mai 2016

CHÊNEHUTTE-TRÊVES-CUNAULT - MAINE-ET-LOIRE. 1ère partie.

La commune de Chênehutte-Trêves-Cunault est la réunion de plusieurs villages angevins le long de la Loire, entre Angers et Saumur. Le patrimoine culturel et plus particulièrement religieux y est très riche.
CUNAULT
De ce patrimoine, le plus beau joyau en est l'église prieurale Notre-Dame de Cunault. A l'origine, c'est Saint Maxenseul évangélisateur de la région qui s'y établit au Ve siècle. Plus tard, au 9e siècle, des moines disciples de Saint-Philibert s'y installèrent. Ayant dû fuir les invasions vikings, il se réfugièrent à Tournus en Bourgogne. C'est ainsi que Cunault devint un prieuré de l'abbaye de Tournus.
L'église actuelle fut construite entre 1100 et le début du XIIIe siècle. Cependant, il est quasi certain que le clocher date du XIe siècle.
     
C'est un édifice de style roman d'une grande pureté. A la Révolution, il fut vendu comme bien national et ensuite seule la nef fut rendue au culte. C'est en 1838 que Prosper Mérimée (1803-1870) découvrit cette merveille et chargea un architecte de Saumur, Charles Joly-Leterme (1805-1885) des travaux de restauration. La rachat du choeur à un particulier, dur en affaire et peu sensible à l'esthétique, s'avéra difficile mais finit par aboutir. C'est en 1866 que les travaux prirent fin.



La sévère façade fait penser à une fortification. Heureusement, son austérité est tempérée par le tympan qui montre la Vierge en majesté tenant Jésus sur ses genoux. Elle est encadrée par deux anges.





L'intérieur est remarquable non seulement par sa voûte élevée, ses peintures murales et ses chapiteaux mais aussi par son mobilier.
          




Plusieurs statues attirent particulièrement l'attention, tel ce Saint-Jean provenant d'un calvaire du XVIIe siècle, cette Sainte Catherine du XVe siècle ou cette sublime pieta du XVIe siècle. Elle est en pierre polychrome et est installée dans un ancien lavabo des moines. La drapé de la robe de la Vierge est étonnant de vérité.

             
     




Les peintures murales malgré leur âge conservent des couleurs brillantes. La technique consistait à dessiner l'ébauche avec un stylet ou du charbon. Puis on peignait avec des pigments à base de terre, d'oxydes, de plantes, liés au blanc d'oeuf et épaissis au jaune d'oeuf, à la colle de peau ou de poisson.

         
A gauche, Saint Christophe. Au milieu, la transfiguration du Christ, entouré de Dieu, de Moïse et d'Elie et des murailles de Jérusalem. A droite, la porte est encadrée par des représentations de Saint Valérien et Saint Christophe.

 Une autre merveille du mobilier de cette église est la châsse de Saint Maxenseul. Confectionnée dans un bloc unique de bois de noyer, elle date du XIIIe siècle. Sur le dessus, le Christ est représenté entouré d'anges et surmontant six de ses apôtres.

 Le côté représente la mort de la Vierge en trois étapes :  la dormition, le sépulture et l'assomption. Le décor prouverait qu'en fait cette châsse ne renfermerait pas des reliques de Saint Maxenseul, mais d'autres de la Vierge.




Comme dans la plupart des églises romanes, les chapiteaux qui surplombent les colonnes, sont saisissants.
       




Il est important de citer aussi le chapier, un meuble qui servait à ranger les chapes, ainsi que l'orgue.

Cet instrument est beaucoup plus récent puisqu'il date de 1977 et est dû au facteur Boisseau. Il est la vedette d'une manifestation annuelle nommée le Mai de l'orgue, où un jeune organiste se produit lors d'un concert gratuit.






En face de cette église se trouve un château (privé). Il daterait du XIXe siècle et serait visitable lors des Journées du Patrimoine.
    
Il existe aussi les belles ruines de l'ancienne église Saint Maxenseul entourée du cimetière où repose Hervé Bazin.

         

Cette église a été construite à partir du XIIe siècle. Ce serait en 1754, que l'église Notre-Dame l'a remplacée comme église paroissiale signant du même coup l'arrêt de mort de l'ancienne.






mardi 26 avril 2016

EGLISE SAINT-EUSTACHE - PARIS - Ier arrondissement.

De tous temps ou presque, l'église Saint-Eustache est liée aux Halles de Paris. Sous Philippe Auguste un bourgeois qui avait prêté de l'argent au roi, reçut le privilège de prélever un denier sur chaque panier de poissons vendu aux Halles. Ce bourgeois nommé Jean Alais fit fortune et décida d'en faire profiter les fidèles du quartier. A cette époque, la spiritualité et le sauvetage de l'âme avaient plus d'importance qu'aujourd'hui. Il fit donc construire une chapelle dédiée à Sainte Agnès. Sans doute parce qu'elle contenait d'hypothétiques reliques de ce saint, la chapelle prit ensuite le nom de Saint Eustache et acquit le statut d'église. En 1303, elle devint paroisse.
La légende de Saint Eustache raconte que celui-ci était à l'origine, un général romain qui un jour qu'il chassait le cerf, se retrouva devant l'un de ces animaux qui portait une croix entre ses bois . Après une courte conversation avec son ex-gibier miraculeux, le païen général se convertit et entraîna sa femme et ses deux fils dans l'aventure. Après bien des vicissitudes, comme il refusait de sacrifier aux idoles, toute la famille fut martyrisée vers 118. On les enferma dans un taureau d'airain qui fut chauffé à blanc. L'imagination des Romains en matière "supplicière" était sans limite (à moins qu'il ne s'agisse de celle des hagiographes).
La pose de la première pierre de l'église actuelle eut lieu en 1532. Elle ne fut consacrée qu'en 1637 faute d'argent pour faire avancer les travaux. On n'est pas sûr du nom des architectes quoiqu'on mentionne Boccador (1465-1549) et plus tard Nicolas Le Mercier (1541-1637). De structure gothique, elle apparaît néanmoins comme une église de style Renaissance. Grâce au dégagement créé à l'emplacement des anciennes halles, elle apparaît dans toute sa majesté.


Le portail sud de style renaissance, comporte à son sommet un cadran solaire et une méridienne. Tout en haut, a été aussi disposé une tête de cerf, symbole du saint patron de l'église.







Dès l'entrée, on peut être impressionné par la hauteur des voûtes culminant à trente-trois mètres.











La chapelle de la Vierge présente une Vierge à l'enfant de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) et de belles peintures de Thomas Couture (1815-1879). Cette chapelle saccagée à la Révolution, fut restaurée en 1803 après la reprise du culte.






Dans le croisillon nord et à son coin avec la nef, figurent trois sculptures, deux bas-reliefs représentant le roi David et Sainte Cécile patronne des musiciens, et un groupe surplombant un bénitier représentant le pape Alexandre II par Eugène Bion (1807-1860).
 


Le monument le plus important est le mausolée de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) qui était le marguillier de l'église. La composition est due à Charles Le Brun, tandis que les sculptures sont de Antoine Coysevox (1640-1720) pour l'orant et la figure de la Foi à droite, et Jean-Baptiste Duby (1635-1700) pour la Fidélité, figure de gauche.
                

Il y a aussi d'autres oeuvres d'art plus modernes dans cette église: telle cette composition de Raymond Mason (1922-) qui représente "le départ des fruits et légumes au coeur de Paris" ou cette présentation lumineuse de Miguel Chevalier, faite de 256 LEDS jouant de leurs reflets sur des parois de polycarbonate et qui s'intitule Voxels Light 2015.

Il faut aussi citer les vitraux ou la belle chaire qui date du XIXe siècle et est due à Victor Pyanet sur des dessins de Victor Baltard (1805-1874).
           

Ce court exposé est loin d'être exhaustif et il existe bien d'autres belles et intéressantes oeuvres dans cette église.



A l'extérieur, on peut s'intéresser à une entrée latérale et admirer le chevet de l'église avec ses commerces ambulants qui montrent que certains ont la nostalgie des anciennes halles.







Jean Béraud (1849-1935) fut un peintre qui représenta le Paris de la Belle Epoque dans toute sa vivacité. Il n'a pas manqué de représenter les Halles et ses commerces avec Saint Eustache en arrière-plan.