jeudi 16 juin 2016

EGLISE SAINT-LEON - PARIS - XVe arrondissement.

Face au square Dupleix et à son kiosque à musique, cette église s'élève ici depuis 1924. Elle est dédiée à Saint Léon Ier le Grand, pape de 440 à 461.

 

Due à l'architecte Emile Brunet (1872-1952), elle a été construite en béton recouvert de briques. L'architecte avait proposé d'abord un style néo-roman, puis néo-gothique avant de s'orienter finalement vers le style art-déco en vogue à l'époque.

 Il fallut attendre 1935 pour voir l'achèvement de cette église qui ne fut consacrée qu'en 1947.
La façade est ornée de mosaïques dues à Auguste Labouret (1871-1964) un artiste talentueux qui est l'auteur de nombreuses décorations de bâtiments religieux ou non, particulièrement en Bretagne.
Le clocher possède une forme galbée très originale inspirée de monuments nordiques et peut-être aussi asiatiques (comme certains stupas bouddhistes).
A l'intérieur, l'emploi du béton a permis d'alléger la structure. On y retrouve beaucoup de décors en mosaïque du même Auguste Labouret. Ainsi le grand arc triomphal qui divise l'église en deux. Son décor évoque la vie du saint patron qui aurait persuadé Attila de ne pas attaquer Rome en 452, et de même, obtenu de Genseric, chef Vandale, de "modérer" le pillage de la ville sainte en 455.
     
L'abside en cul de four est aussi remarquable pour son décor en mosaïque, qui présente en son centre le couronnement de la Vierge et des scènes des Evangiles.
               


La statuaire est due à Henri Bouchard (1875-1960) sculpteur renommé de cette époque.
A gauche, Vierge à l'enfant dans la chapelle de la Vierge.
A droite, statue du Sacré Coeur dans la chapelle du même nom.








Certains vitraux  sont de Louis Barillet (1880-1948) tels ceux ci-contre.
L'artiste s'est inspiré de l'école cubiste pour représenter symboliquement des objets liturgiques ou de la Passion, ainsi plusieurs saints dont Saint Jean et Saint Paul.


 











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D'autres vitraux sont dus à Auguste Labouret déjà cité comme mosaïste



Les ferronneries sont l'oeuvre de Raymond Subes (1893-1970).



Il est intéressant d'observer comment l'architecte a aménagé les structures harmonieuses de cet édifice, la forme des piliers et leurs ornements.







Cette icône datant de 2004 et représentant Saint Léon le Grand est l'oeuvre d'un prêtre, le père Charbel-Hajjar.

jeudi 26 mai 2016

CHÊNEHUTTE-TRÊVES-CUNAULT - Maine-et-Loire - 2ème partie

Parmi les villages qui composent cette commune, il faut maintenant citer Trêves.

TREVES

Le nom de ce village proviendrait d'une plaisanterie du comte d'Anjou, Foulques Nerra (autrement dit le Noir) qui pour se moquer d'un vassal du comte de Blois qui lui demandait une interruption dans la lutte qu'ils se livraient, bâtit en 1020, un château qu'il baptisa Trèves. Plus tard, cette forteresse fut détruite par un petit neveu de Foulques Nerra, appelé lui aussi Foulques mais surnommé le Réchin. Pas besoin de traduction à cet adjectif qui correspondait à son caractère peu amène. Ce comte Foulques confia à Geoffroy Fulcrade le domaine et celui-ci reconstruisit le château en 1089.
Aujourd'hui il ne reste que cette grosse tour, hérissée de créneaux et de mâchicoulis et une partie du mur d'enceinte.
 



 Le fils de Geoffroy Fulcrade qui portait le même nom (ça arrive souvent chez les personnages historiques), confia la gestion aux bénédictins de Saint Aubin qui bâtirent en 1107, la nouvelle église qu'on admire encore aujourd'hui.




En 1206, Jean sans Terre, roi d'Angleterre assiège en vain le domaine.

En 1417, la baronnie de Trêves est acquise par Robert Le Maçon, fidèle du Dauphin, futur Charles VII. Ce dernier lui accorde plusieurs privilèges dont celui de prélever un péage sur tout bateau qui passe sur la Loire. En 1443, le baron Robert, chancelier du roi, meurt et est enterré dans l'église. Son gisant y est toujours. On remarque un lion couché sous ses pieds et le coussin sous sa tête.


Beaucoup plus tard en 1642, la seigneurie échoue au Grand Condé, puis en 1747, à Jean Stapleton Irlandais installé à Nantes qui est élevé au titre de comte. C'est lui qui fit détruire le château en 1750.
L'église Saint Aubin, aujourd'hui n'est plus utilisée pour le culte et son dépouillement fait ressortir la blancheur de la pierre de tuffeau et le peu de mobilier qu'elle conserve.
Une poutre de gloire supportant un grand crucifix se trouve à l'entrée du transept.
 




Unique en son genre, on peut découvrir un tabernacle en tourelle datant du XVe siècle. De style gothique flamboyant, il mesure 3,30 m de haut mais a malheureusement perdu sa flèche.




D'autres éléments sont remarquables comme ces fonds baptismaux.







Le grand bénitier de pierre retient encore plus l'attention avec ses quatre têtes qui pourraient représenter les quatre fleuves du paradis terrestre.
 

Il existe aussi à Trêves un autre lieu dédié, lui, à saint Jean. Au XIe siècle, ce fut une chapelle qui fut convertie ensuite en ermitage au XVe.
Ce n'est plus aujourd'hui qu'une ruine, dont il subsiste encore quelques murs, une source et un petite chapelle.
 
C'est aussi un lieu charmant au milieu des bois.

CHÊNEHUTTE-LES-TUFFEAUX

Pour finir avec cette commune il faut citer l'église de Chênehutte qui est en fait celle de l'ancien hameau des Tuffeaux. Elle date pour ses parties les plus anciennes du XIe siècle. Au XIXe siècle, elle fut restaurée et agrandie par l'architecte Joly-Leterme, le même qui s'occupa brillamment de l'église de Cunault.
           


dimanche 15 mai 2016

CHÊNEHUTTE-TRÊVES-CUNAULT - MAINE-ET-LOIRE. 1ère partie.

La commune de Chênehutte-Trêves-Cunault est la réunion de plusieurs villages angevins le long de la Loire, entre Angers et Saumur. Le patrimoine culturel et plus particulièrement religieux y est très riche.
CUNAULT
De ce patrimoine, le plus beau joyau en est l'église prieurale Notre-Dame de Cunault. A l'origine, c'est Saint Maxenseul évangélisateur de la région qui s'y établit au Ve siècle. Plus tard, au 9e siècle, des moines disciples de Saint-Philibert s'y installèrent. Ayant dû fuir les invasions vikings, il se réfugièrent à Tournus en Bourgogne. C'est ainsi que Cunault devint un prieuré de l'abbaye de Tournus.
L'église actuelle fut construite entre 1100 et le début du XIIIe siècle. Cependant, il est quasi certain que le clocher date du XIe siècle.
     
C'est un édifice de style roman d'une grande pureté. A la Révolution, il fut vendu comme bien national et ensuite seule la nef fut rendue au culte. C'est en 1838 que Prosper Mérimée (1803-1870) découvrit cette merveille et chargea un architecte de Saumur, Charles Joly-Leterme (1805-1885) des travaux de restauration. La rachat du choeur à un particulier, dur en affaire et peu sensible à l'esthétique, s'avéra difficile mais finit par aboutir. C'est en 1866 que les travaux prirent fin.



La sévère façade fait penser à une fortification. Heureusement, son austérité est tempérée par le tympan qui montre la Vierge en majesté tenant Jésus sur ses genoux. Elle est encadrée par deux anges.





L'intérieur est remarquable non seulement par sa voûte élevée, ses peintures murales et ses chapiteaux mais aussi par son mobilier.
          




Plusieurs statues attirent particulièrement l'attention, tel ce Saint-Jean provenant d'un calvaire du XVIIe siècle, cette Sainte Catherine du XVe siècle ou cette sublime pieta du XVIe siècle. Elle est en pierre polychrome et est installée dans un ancien lavabo des moines. La drapé de la robe de la Vierge est étonnant de vérité.

             
     




Les peintures murales malgré leur âge conservent des couleurs brillantes. La technique consistait à dessiner l'ébauche avec un stylet ou du charbon. Puis on peignait avec des pigments à base de terre, d'oxydes, de plantes, liés au blanc d'oeuf et épaissis au jaune d'oeuf, à la colle de peau ou de poisson.

         
A gauche, Saint Christophe. Au milieu, la transfiguration du Christ, entouré de Dieu, de Moïse et d'Elie et des murailles de Jérusalem. A droite, la porte est encadrée par des représentations de Saint Valérien et Saint Christophe.

 Une autre merveille du mobilier de cette église est la châsse de Saint Maxenseul. Confectionnée dans un bloc unique de bois de noyer, elle date du XIIIe siècle. Sur le dessus, le Christ est représenté entouré d'anges et surmontant six de ses apôtres.

 Le côté représente la mort de la Vierge en trois étapes :  la dormition, le sépulture et l'assomption. Le décor prouverait qu'en fait cette châsse ne renfermerait pas des reliques de Saint Maxenseul, mais d'autres de la Vierge.




Comme dans la plupart des églises romanes, les chapiteaux qui surplombent les colonnes, sont saisissants.
       




Il est important de citer aussi le chapier, un meuble qui servait à ranger les chapes, ainsi que l'orgue.

Cet instrument est beaucoup plus récent puisqu'il date de 1977 et est dû au facteur Boisseau. Il est la vedette d'une manifestation annuelle nommée le Mai de l'orgue, où un jeune organiste se produit lors d'un concert gratuit.






En face de cette église se trouve un château (privé). Il daterait du XIXe siècle et serait visitable lors des Journées du Patrimoine.
    
Il existe aussi les belles ruines de l'ancienne église Saint Maxenseul entourée du cimetière où repose Hervé Bazin.

         

Cette église a été construite à partir du XIIe siècle. Ce serait en 1754, que l'église Notre-Dame l'a remplacée comme église paroissiale signant du même coup l'arrêt de mort de l'ancienne.