jeudi 16 octobre 2014

RUE CLOTILDE DE VAUX - PARIS - XIème arrondissement.

Cette petite rue qui n'a que 23 mètres de long, porte le nom d'une héroïne romantique et son décor est parfaitement assorti au personnage qu'elle honore.
Clotilde de Vaux fut une femme née en 1815 dans la famille de Ficquelmont, des nobles lorrains dont les sujets mâles étaient prédestinés au métier des armes. Son père, d'ailleurs a été officier et une fois la retraite arrivée, est devenu percepteur des impôts. Clotilde était l'aînée de trois enfants et ses deux frères respectant la tradition familiale, devinrent des officiers.
La famille habitait l'hôtel Lamoignon, dans la rue Pavée, à côté de l'hôtel Carnavalet.

En 1835, Clotilde épouse un employé de son père, Amédée de Vaux. Malheureusement, son mari est un triste sire qui joue et fait des dettes au point de même détourner l'argent déposé par les contribuables. Il s'enfuit à Bruxelles, laissant sa jeune femme sans ressource et avec un honneur bafoué. Qui plus est, de par la loi, elle ne peut divorcer et donc se remarier. Elle réussit malgré tout à faire prononcer la séparation. Pendant un temps, elle loge chez son frère puis emménage au 7 rue Payenne tout près de l'hôtel particulier de son enfance.
Son oncle Charles-Louis de Ficquelmont, ministre influent de l'Empereur d'Autriche lui octroie une rente qui lui permet de survivre. Elle se lance alors dans l'écriture et publie en 1844, un roman intitulé "Lucie".
C'est aussi en 1844, qu'elle fait une rencontre importante: son frère, élève de Polytechnique lui présente un de ses professeurs, Auguste Comte. Celui-ci tombe immédiatement amoureux de la jeune femme. Elle va avoir trente ans, lui dix-sept de plus. Clotilde ne céda jamais sur le plan physique aux instances du philosophe, mais une profonde amitié les lia. Elle exerça également une grande influence sur la pensée d'Auguste Comte qui évolua vers une vision mystique du positivisme.
Malheureusement, Clotilde était atteinte de la maladie de son siècle, la tuberculose. Elle s'éteignit en avril 1846, laissant son ami inconsolable. Tout le reste de sa vie, il se rendit sur sa tombe pour la pleurer. Elle devient dans son esprit la sainte patronne de la religion de l'Humanité qu'il a créé à partir de leur relation épistolaire quasi quotidienne.

La rue qui porte le nom de cette héroïne relie le boulevard Beaumarchais à la rue Amelot. Un buste de Clotilde par Décio Villarès (1851-1931) artiste brésilien est entouré d'un petit jardin.
           
Le fait que le sculpteur soit brésilien n'est surement pas un hasard car la religion de l'Humanité fondée par Auguste Comte a exercé une influence sur les dirigeants au point que la devise du pays est Ordre et Progrès, des mots issus de la pensée positiviste.


 En 1905, un groupe d'adeptes de la religion positiviste créa une église de l'Humanité au n°5 de la rue Payenne, dans la maison voisine de celle qu'occupait Clotilde de Vaux, .

Cela dit, une controverse subsiste sur la maison où vécut Clotilde, car certains adeptes prétendent qu'elle aurait habité au 5 et donc que son appartement se situait au troisième étage au dessus de l'église.
C'est une des deux seules églises qui subsiste dans le monde, l'autre se trouve évidemment au Brésil.

Pour en savoir plus sur Auguste Comte, Clotilde de Vaux et le positivisme, cliquer sur cette adresse :
http://www.augustecomte.org/spip.php?rubrique7

2 commentaires:

  1. Elle a un nom tout aussi romantique que son histoire !

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    1. Oui, cette femme et son histoire est un concentré de romantisme. Et la toute petite rue qui lui est dédiée va bien avec. Dommage qu'on ne puisse échapper aux véhicules en tout genre qui encombrent les rues de Paris.

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