jeudi 25 septembre 2014

CUISERY - SAÔNE-ET-LOIRE.

Situé à 7 kilomètres à l'est de Tournus, le petit bourg de Cuisery s'enorgueillit à juste titre d'être un village du livre.
En effet, grâce aux efforts de Paul Perrault, conseiller général, également notaire à Cuisery, et avec l'aide du maire Michel Faivre, la grande rue reste animée. Dans les années 1990, comme, hélas, dans beaucoup de communes françaises, le centre ville voyait ses commerces fermer les uns après les autres. Des subventions permirent à des libraires et d'autres professionnels du livre de venir s'installer dans des boutiques rénovées.
Se riant du commerce qui s'exerce de plus en plus sur Internet, ils sont maintenant entre 17 et 20 derrière des devantures où l'on voit encore parfois l'ancien nom du négoce qui s'y exerçait.
Et parce que ça ne suffit pas, le premier dimanche de chaque mois se tient un marché du livre. Pour un amateur de lectures, c'est un paradis.
Des exemples? En voici, en voilà.

 
Et Cuisery, ce n'est pas que cela: en se promenant au hasard dans le village, on découvre quelques maisons anciennes ou montrant simplement quelques survivances d'un temps lointain. Ce sont aussi des vestiges d'un passé riche telle cette tour, dernière trace d'un château formidable qui dominait le village au Moyen-âge et cette superbe église datant du début du XVIème siècle.
             








                

En 1477, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire meurt sous les murs de Nancy. Louis XI, le roi de France en profite pour rafler le duché de son ennemi intime. Il s'ensuit une guerre entre la France et les Habsbourg d'Autriche dont l'archiduc a épousé Marie de Bourgogne, héritière entre autres de ce qu'on appelle aujourd'hui la Franche-Comté. Cuisery est assiégée en 1478, par les Comtois qui la saccage et détruisent même l'église.
Elle ne fut reconstruite qu'à partir de 1504, et plusieurs fois modifiée par des apports divers au long du XVIème siècle.
Le porche remarquable a ainsi été construit plus tard dans un style gothique sobre pour l'époque.
              
La porte est sculptée de bas-reliefs très abîmés qui représentent les douze apôtres entourant Jésus. Les motifs dans le bas sont simplement des végétaux et sont mieux conservés. On peut en déduire que les déprédations sur les images religieuses datent de la Révolution.
En effet, en 1793, pour faire plaisir aux sans-culottes, la municipalité a cru bon de faire détruire certaines oeuvres d'art qui figuraient dans l'église.
                  

Heureusement, il en reste, mais comme l'accès à l'intérieur est impossible, on ne peut que les voir de loin à travers une grille.
 Seule une petite chapelle située sur la gauche du narthex est à peu près visible. Elle porte le nom du curé qui l'a fait aménager en 1514 et qui s'appelait Caron. Elle est en partie recouverte de très belles fresques.

Au fond de l'église, derrière l'autel, on aperçoit un superbe triptyque dû à Grégoire Guérard malheureusement impossible à photographier.



2 commentaires:

  1. J'ai passé beaucoup de temps à l'ombre de cette église, profitant d'une autre richesse de Cuisery que tu n'évoques pas ici : le centre d'étude de la nature, lié à la réserve naturelle toute proche qui protège les méandres de la jolie rivière Seille et sa confluence avec la Saône. Tourbières, dunes de sable (incroyable en pleine Bourgogne), zones de migration pour les cigognes... un milieu passionnant ! 6 ans durant j'y ai emmené des classes pour des séjours nature. Cuisery mérite vraiment le détour.

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    1. Tu parles sans doute du centre Eden. Je n'en parle pas parce que je n'y suis pas allé et que je ne sais rien de lui.
      Ce sera pour l'année prochaine, puisque il est certain que nous y retournerons. En espérant qu'on pourra entrer dans l'église.
      Et oui, c'est sûr que Cuisery mérite une visite.

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