lundi 29 juillet 2013

QUELQUES MAISONS ANCIENNES DE CLUNY (Saône-et-Loire)

Cluny, c’est une abbaye au rayonnement multiséculaire et un haras national, ce sont des tours et des clochers, des églises romanes et gothiques, mais c’est aussi un ensemble de maisons anciennes héritage du passé prestigieux de la ville.

Tantôt regroupées, tantôt éparpillées dans la cité, elles sont des vestiges de la grandeur passée de Cluny.

Place Notre-Dame. Devant la façade dégradée de l’église paroissiale, une petite place est entourée de maisons romanes et présente en son centre une fontaine dominée par un obélisque.
          

C’est en 1772 que fut construite la fontaine en remplacement d’un grand bassin ; c’est aussi cette même année que fut détruit le porche monumental de l’église. On dit que c’est à cause de la construction d’un hôtel particulier au sud de la place : le porche gênant la manœuvre des voitures à cheval, on prit la décision de l’abattre. Rien ne permet de confirmer cette affirmation.
 Au XVe siècle, c’est ici que les bourgeois de la ville décidèrent de concrétiser leur volonté d’indépendance par rapport au pouvoir exercé par l’abbé. Ils construisirent la première maison communale pour s’y réunir et entreposer leurs armes et leurs documents.
Cet édifice pourrait être la maison des Dragons ou des Griffons, ainsi nommée pour les figures représentées au sommet du trumeau.

Acquise par la ville en 2011, elle est en cours de restauration et sera, à terme, ouverte au public.
     

D’autres maisons, sans être aussi spectaculaires, confèrent un grand charme à cette petite place à l’écart des flots de touristes venus visiter les vestiges de l’abbaye.
        

Rue de la Barre : au n°20, se trouve la maison des Échevins, acquise en 1619, pour succéder à celle qui se situait place Notre-Dame. La façade présente des éléments intéressants quant au mode de construction médiévale.
La colonnette au centre de la fenêtre est surmontée par un chapiteau roman récupéré sur une ancienne bâtisse, peut-être précédent celle-ci. Les quatre trous carrés sur la façade étaient destinés à recevoir des boulins, sorte de poutres d’échafaudage. Autour de la porte arrondie, on remarque les vestiges d’une ancienne porte plus grande. Sur le côté de celle-ci, la pierre du montant de droite porte des stries verticales : ce sont des marques faites par l’aiguisage d’outils tranchants.

Pendant la Révolution, certains se sont cachés dans cette maison et y sont restés longtemps. Ils étaient cachés sous les toits derrière la petite fenêtre fixe située en haut.
                   
  Le volet de la fenêtre du bas est original. Il permet, étant fermé, de communiquer avec l’extérieur par une sorte de guichet grillagé.

Rue de la République et le puits des Pénitents.
Au 25 rue de la République, on trouve une maison typiquement romane avec son rez-de-chaussée dédié au commerce et son premier étage voué à l’habitat. La large porte en arcade était l’ouverture sur la boutique ou l’atelier, tandis que la porte à gauche ouvrait sur un escalier qui montait vers le logis.
La suite de baies du premier étage, appelé claire-voie est brillement décoré de sculptures autrefois colorées. On remarque que la maison contiguë du 23 sans doute légèrement postérieure, montre qu’elle présentait aussi une claire-voie aujourd’hui remplacée par des fenêtres modernes. Elle ne montre maintenant que des vestiges ou des traces de son ancien décor.
 
Devant cette maison, une petite place entoure un puits. On le nomme puits des Pénitents ou du Petit-Saint-Jean. Une autre maison sur la place montre quelques restes de son ancien aspect avec le dessin d’une arcade entourant une large ouverture et une porte.
 

Derrière le puits, une belle demeure a remplacé ce qui était jadis une maison romane somptueuse.
          

Plus bas dans la rue de la République, une autre belle maison a été visiblement plusieurs fois remaniée au cours des siècles.
 



Rue d’Avril.
Dans cette rue perpendiculaire à la rue de la République, on découvre plusieurs autres maisons anciennes.
L’hôtel des Monnaies est au n°6. C’est une maison romane à l’aspect plus sévère que les précédentes. Percée de deux profondes arcades, elle présente en encorbellement une cheminée encadrée par deux claires-voies au décor dépouillé.





Autres exemples typiques des maisons bourgeoises romanes de la rue d'Avril, ces deux édifices inégalement conservés dans leur état primitif.
         


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