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jeudi 26 janvier 2017

SQUARE DU GENERAL MORIN - PARIS - IIIème arrondissement.

Ce square se confond avec le parvis du Musée des Arts et Métiers. Il prend place derrière le chevet de la chapelle du Conservatoire des Arts et Métiers appelée aussi église Saint Martin des Champs.
Cet espace rend hommage à Arthur Morin (1795-1880), général, physicien et mathématicien, qui fut aussi directeur du Conservatoire à partir de 1849.

Sur le parvis ont été disposés des sculptures permanentes ou temporaires.
Pour les permanentes, il y a d'abord cette réplique de l'illustre statue de la Liberté d'Auguste Bartholdi (1834-1904). Celle-ci est en bronze alors qu'à l'intérieur du musée, s'en trouve une autre en plâtre de 11,50 m. de haut.



Une 'autre statue est installée durablement ici : celle de Zénobe Gramme (1826-1901) qui inventa la première dynamo à courant continu. La statue est de Mathurin Moreau (1822-1912) artiste talentueux et très productif.







En 2017, on peut également voir sur ce parvis une sculpture provisoire d'Ulysse Lacoste (1981-) qui s'intitule "le Module Alpha". Cette oeuvre est destinée à être mise en mouvement par des artistes de cirque expérimentés ou par des danseurs.

Une autre oeuvre provisoire (ou pas?) est un portrait de l'abbé Henri Grégoire (1750-1831) illustre révolutionnaire et fondateur du Conservatoire des Arts et Métiers par l'artiste C215, alias Christian Guémy que nous avons déjà rencontré ici. Le clin d'oeil de cet artiste du street art, c'est d'avoir reconstitué un mur de briques pour y poser le portrait de son modèle.

mardi 14 octobre 2014

SQUARE GEORGES CAÏN - PARIS - IIIème arrondissement.

Au printemps 1871, Paris sort d'un siège épouvantable. Après l'armistice signé en janvier, certains membres du peuple parisien se sentent frustrés par la majorité élue au parlement qui ne leur est pas favorable. C'est le problème de la démocratie: on n'est content de la majorité élue que quand c'est celle qu'on a soi-même choisie. Et encore, pas toujours! L'insurrection prend forme en mars. C'est le début de la Commune de Paris qui met en place de nouvelles mesures très sociales.
Adolphe Thiers à la tête d'une armée importante se lance dans la restauration de son pouvoir. Il se trouve cantonné à Versailles, tout un symbole. La Commune avec son armée dérisoire non formée au combat ne peut résister aux Versaillais bien entraînés.
Le 21 mai, ceux-ci entrent dans Paris. C'est le début d'une répression sans merci qu'on a appelé la semaine sanglante.
Les Communards résistent et par dépit ou par désespoir, certains vont commettre des actes stupides mais chargés de symbole.
Le 22 mai 1871, un groupe de communards dirigé par Jules Bergeret, après avoir organisé une fête dans le Palais des Tuileries y amène des produits inflammables, arrose de pétrole les murs et les planchers et met le feu. Tout de suite, le palais devient un immense brasier et la poudre disposée dans le pavillon central explose faisant s'écrouler le dôme. L'incendie dure trois jours.
Le 24 mai, c'est le tour de l'Hôtel de Ville et d'autres édifices comme le Palais d'Orsay, le Palais de Justice, le Palais Royal, le Palais de la Légion d'Honneur.
Cela se termina le 28 mai par des massacres épouvantables dus à la bêtise haineuse de deux partis aussi irréductibles l'un que l'autre. Evidemment, ce sont les Communards qui payèrent le plus lourd tribut avec des milliers de tués et de bannissements.
Après toutes ces horreurs, la vie reprit son cours. On repeupla Paris en faisant appel à des provinciaux. Mais que fallait-il faire des ruines laissées par les incendies?
Après d'interminables discussions et tergiversations, le Palais des Tuileries fut définitivement détruit en 1883 ne laissant que les pavillons de Flore et de Marsan qui aujourd'hui terminent les ailes du Louvre.
De son côté, l'Hôtel de Ville est reconstruit dès 1874 en copiant largement l'aspect extérieur de l'ancien.

En 1923, à la place des jardins de l'hôtel Le Pelletier de Saint Fargeau, donnant sur la rue Payenne dans le IIIème arrondissement, fut créé un square qu'on nomma en l'honneur d'un artiste qui fut aussi conservateur du musée Carnavalet voisin : Georges Caïn.
Le lien avec ce qui précède? C'est dans ce square et aussi dans celui d'à côté, le square Léopold Achille qu'on disposa un certain nombre de vestiges des deux bâtiments que je viens d'évoquer. Il n'y a malheureusement aucune explication muséographique.
Néanmoins, on sait que le plus spectaculaire des vestiges est le fronton de l'horloge du Palais des Tuileries et les deux colonnes qui le soutiennent. Entre ces deux colonnes figure une sorte de médaillon encadré par deux personnages dont un ange. En fait, cette dernière sculpture provient du château de Saint Germain-en-Laye et date de Louis XIV.



 Autour, on peut voir des rosaces qui se seraient trouvées au plafond de l'Hôtel-de-Ville.
A côté de ces rosaces, il y a aussi différentes pièces ornementales dont on ignore la provenance.




Egalement, disposés au fond du square on peut voir plusieurs vestiges non identifiés (espérons qu'ils le savent au musée Carnavalet!).
 


Sur la gauche du square s'élève l'ancienne orangerie de l'hôtel Le Pelletier de Saint Fargeau qui abrite aujourd'hui une collection lapidaire du musée Carnavalet. Au fronton de ce bâtiment une sculpture représente la Vérité tenant un miroir qui jadis était orienté vers une figure de vieillard située au dos de l'hôtel. La symbolique de cet aménagement évoquait le Temps destructeur.



Au centre du square, un massif de fleurs entoure une statue d'Aristide Maillol malicieusement vivante dans ce cimetière de sculptures. Elle est tantôt appelée l'Ile-de-France et tantôt l'Aurore. Cette statue en a remplacé une autre due à Laurent Magnier (1615-1700) qu'on trouve encore mentionnée sur certains sites officiels comme celui de l'office du tourisme de Paris (un comble!).

N.B. : Il est aussi annoncé une installation d'art contemporain intitulée le Rossignol de Heinz, mais elle brille par son absence.




Juste à côté se trouve le square Léopold Achille. Ce nom est celui d'un ancien conseiller municipal du troisième arrondissement.
Là aussi on peut admirer deux vestiges qui proviendraient de l'Hôtel-de-Ville : une statue de la déesse romaine Pomone et une sorte d'alcôve voûtée décorée de quatre salamandres et de quatre "F", insignes du roi François Ier.
 

mercredi 16 avril 2014

PASSAGE VENDÔME - PARIS IIIe arrondissement.

Ce passage en dépit de son nom n'a rien à voir avec la lointaine place homonyme. Il joint la place de la République à la rue Béranger. Cette rue fut percée en 1696 et fut appelée tout d'abord rue Vendôme du nom d'un hôtel particulier au n°5.
Plus tard, en 1864, on débaptisa la rue pour rendre hommage à Pierre-Jean Béranger, un chansonnier bonapartiste très populaire au XIXe siècle, qui avait passé ses dernières années dans l'hôtel en question.
Le passage Vendôme fut construit en 1827, sous Charles X. Il remplaçait un autre passage à ciel ouvert dit du Jeu de paume.
Au début, il rencontra un grand succès, d'autant qu'il donnait d'un côté sur le boulevard du Temple très animé par les théâtres qui y étaient installés, et de l'autre sur le marché du Temple, foire en constante effervescence.
Malheureusement, très rapidement et très curieusement, dès 1831, il perdit tout attrait pour les promeneurs. Aujourd'hui, ça ne s'est pas arrangé et on n'y rencontre pas foule.
Il n'en demeure pas moins qu'il possède ce charme désuet propre à tous les passages parisiens avec ses belles verrières et ses fenêtres cintrées au premier étage.
Place de la République
Rue Béranger
                   



samedi 29 mars 2014

Marché des ENFANTS ROUGES et Jardin MADELEINE DE SCUDERY - PARIS 3e arrondissement.

Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, à la hauteur du 90 rue des Archives, s'élevait un hospice destiné à recevoir les orphelins. Cet établissement avait été créé par Marguerite d'Angoulème, reine de Navarre et soeur de François Ier. Les enfants qui logeaient ici étaient habillés d'uniformes rouges. L'hospice disparut en 1772, mais le quartier garda ce nom des Enfants Rouges.
En passant par la rue de Bretagne, on accède au marché qui porte ce nom. C'est un marché typique de Paris installé dans un enclos abrité. Comme tous les marchés de la capitale, et bien que de taille réduite, il est très animé.
              
A l'entrée du marché, un boucher arbore une belle enseigne qui donne envie d'aller voir sa viande.
Attenant au marché, un petit jardin public a été créé en 2004.
Il a reçu le nom de Madeleine de Scudéry, une précieuse du XVIIe siècle qui fut une femme de lettres respectée au point d'être la première femme à recevoir le prix de l'éloquence de l'Académie Française. Sachant comment on considérait les femmes d'esprit à cette époque, on comprend combien elle était reconnue. On dit qu'elle influença deux génies de la littérature : La Fontaine et Molière.
Le jardin rendant doublement hommage à cette personne, est niché au milieu de vieux murs datant du même XVIIe siècle. On y voit aussi un petit potager ouvert uniquement durant le weekend.
C'est un petit coin de Paris préservé de l'agitation et du bruit.
           
                

Ce minuscule jardin est longé par la rue des Oiseaux par laquelle on rejoint la rue de Beauce.

jeudi 13 février 2014

RUE DE BRAQUE - PARIS 3e arrondissement.

Voici une rue qui ne paye pas de mine, à priori. Elle est courte, étroite et un peu sombre. Elle recèle pourtant des trésors.
Elle se nommait jadis rue des Boucheries-du-Temple parce qu'elle abrita à partir de 1182, une boucherie qu'avait établie l'ordre du Temple dont la commanderie était voisine. Elle prit ensuite le nom de la famille de Braque, propriétaire du quartier au XIVe siècle.
Les numéros 4 et 6 concernent l'hôtel Le Lièvre ou de la Grange construit en 1663 puis reconstruit en 1748 pour la famille du même nom. Le marquis de la Grange, par ailleurs Maréchal de Camp, gouverneur de Brie-Comte-Robert (sic), l"avait hérité de son père. Le dit marquis partagea la propriété en 1740 avec sa soeur Madame Joly de Fleury.
Je ne sais pas à quel Joly de Fleury cette dame était mariée; ils étaient cinq, le père et ses quatre fils, vivant à l'époque de cette cession de propriété. J'attire simplement l'attention sur un des fils, Joseph Omer Joly, fervent adversaire des encyclopédistes et de l'inoculation antivariolique en vogue en Angleterre et premier balbutiement de la vaccination. Voltaire ne manquait jamais de faire des bons mots sur lui. Il l'appelait "petit singe à face de Thersite" ou disait qu'il n'était "ni Homère, ni joli, ni fleuri".
Pour en revenir à l'hôtel, il est remarquable par sa double façade, ses portails ouvragés et ses balcons soutenus par des têtes sculptées (d'un côté des visages de vieillards, de l'autre des têtes de boucs).
Il semble que l'intérieur possède un bel escalier, un plafond peint par Le Brun, etc..
                   

               



 En face, sous le numéro 7, s'ouvre le petit hôtel de Mesmes qui fut habité par Charles Gravier, comte de Vergennes, ministre des Affaires Étrangères de Louis XVI et qui fit reconnaître l'indépendance des États-Unis par l'Angleterre. A l'origine, le bâtiment faisait partie du gigantesque hôtel de Montmorency, demeure d'Anne de Montmorency, connétable d'Henri II. Jean Antoine de Mesmes acquiert l'ensemble avant de le revendre séparément au comte de Vergennes.

On ne peut manquer de parler d'un hôtel qui n'est pas dans cette rue, mais qu'on découvre de loin en la parcourant. Il s'agit de l'hôtel de Clisson qui se trouve sur la rue des Archives (ancienne rue du Chaume).
Olivier V de Clisson (1336-1407), connétable de France était surnommé le Boucher à cause de sa cruauté envers ses ennemis. Cet homme de guerre, fils d'Olivier IV, lui-même connétable, eut une vie bien remplie partagée entre ses allégeances versatiles, au roi d'Angleterre, au duc de Bretagne ou au roi de France. Entre 1372 et 1375, il fit construire cette demeure parisienne. C'est un des plus anciens vestiges du passé à Paris. L'hôtel appartint à d'autres familles illustres de l'Histoire de France : les Albret d'abord, puis les Guise à partir de 1553. A cette occasion, Marc Antoine Charpentier musicien attaché à leur service y demeura de 1670 à 1688.
A gauche, les armes des Guise.
A droite, sans doute une branche apparentée
          

Aujourd'hui, il ne subsiste que ce portail monumental, annexé à l'hôtel de Soubise, devenu le conservatoire des Archives Nationales.

vendredi 7 février 2014

RUE SAINT MARTIN - PARIS 3e arrondissement.

J'avais consacré un article au bas de la rue Saint Martin le 26 avril 2013 (voir ici). Je citais entre autres le n° 160 dont la façade m'avait semblé remarquable.
A défaut d'en avoir découvert l'histoire, en voici quelques détails et d'autres curiosités qui se trouve à proximité.
 A gauche le 1er étage, à droite les 2e et 3e étages.
En dessous, les fenêtres du 1er étage et leurs mascarons.

               

Un peu plus loin, au n°166, une pancarte indique que les façades de certains immeubles de cette rue ont été préservés, en dépit des travaux de rénovation qui ont été entrepris dans le quartier et en particulier à la suite de la construction du quartier de l'Horloge qui prend naissance par la rue Bernard de Clairvaux. Une plaque signale aussi que dans cet immeuble est né Gérard Labrunie dit de Nerval en 1808. Il est mort pas loin d'ici en 1855; on l'a retrouvé pendu rue de la Vieille Lanterne non loin de la tour Saint Jacques (voir ici).
            
Juste en face, s'ouvre le passage Molière qui rejoint la rue Quincampoix à son autre extrémité. Il n'a rien de commun dans l'aspect avec ceux que j'ai décrits précédemment. Plus "rustique", il exerce toutefois le même attrait pour le calme qu'on y trouve en comparaison avec la rue Saint Martin. Outre ses pavés anciens, on y découvre plusieurs établissements dignes d'intérêt tels la Maison de la Poésie, l'Espace Aleph, l'atelier des Pieds et des Mains, des restaurants.