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vendredi 1 novembre 2019

REILLY - OISE.

Reilly est un tout petit village du Vexin français qui n'est peuplé que de 125 habitants. Cela ne l'empêche pas de posséder quelques beaux vestiges historiques.
En dehors du château du XIXe siècle, il y a le manoir Saint Germer, qui est en fait un ancien prieuré.

Depuis la rue, on peut en voir une partie, le sommet du pigeonnier, la tour-escalier et l'ancienne chapelle. Les bâtiments datent du XIVe siècle.




Il y aussi la ferme Saint Aubin, dont on voit ici une partie des bâtiments et l'ancienne entrée. La ferme date du XVIe siècle.



L'église Saint Aubin, dont la partie la plus ancienne date du XIe siècle, est de style roman. Elle ne possède qu'une seule nef. L'intérieur photographié à travers la grillage de l'entrée, parait modeste. L'entrée est précédée d'un joli porche à charpente en carène de bateau.
         
A droite de l'entrée, se trouve une pierre sculptée dont l'utilisation est inconnue. Le clocher carré, est prolongé par une flèche octogonale. La transition entre les deux plans est assurée par quatre pyramidions. Tout autour se trouve le cimetière communal.
         


Un dernier coup d'oeil pour donner une idée de la façade de la mairie avec son ornement en céramique et ses deux devises. 



jeudi 3 octobre 2019

BAPTISTERE DE L'EGLISE NOTRE-DAME DE LA NATIVITE - MAGNY-EN-VEXIN - VAL-D'OISE.

Magny-en-Vexin est un gros bourg du Val-d'Oise dont l'église est une merveille de la Renaissance. Elle est abondamment décrite sur le net, en particulier sur Wikipedia. C'est la raison pour laquelle il ne sera question ici que du baptistère, sorte de merveille à l'intérieur d'une autre merveille.
La baptistère serait dû à Jean Grappin, architecte local et est daté de 1534. Certains doutent que Jean Grappin soit le véritable auteur de ce chef d'oeuvre pour la raison qu'il n'avait que 24 ans à l'époque. Quoiqu'il en soit, ce baptistère est quasi unique aujourd'hui et en tout cas le plus ancien de ce style en France. Il a été restauré en 1838, année où on a remplacé certaines statues.
 Le dôme est entouré d'une corniche ornée de six statues représentant les vertus. Une de ces statues ayant disparu, elle a été remplacée par Saint Joseph. Au sommet, la statue de Saint Jean-Baptiste a été placée là en 1838.


Les six piliers qui soutiennent le dôme sont ornés de statues montrant des personnages ou des scènes de la Bible. On y voit ainsi le baptême du Christ, la décollation de Jean-Baptiste, David tenant une harpe à côté de Moïse avec les tables de la Loi.
                         


La base des piliers (dont le nom savant serait stylobate) est sculptée en bas-relief. C'est là qu'on trouve la date de création de cette oeuvre.









A l'intérieur se trouve la cuve hexagonale décorée aussi de bas-reliefs dont l'un deux présente des références mortuaires.

mardi 1 octobre 2019

CHAUMONT-EN-VEXIN - OISE

La commune de Chaumont-en-Vexin est un bourg très ancien qui comporte plusieurs éléments du patrimoine dont nous ne verrons ici que deux exemplaires.
Le premier est un arbre remarquable, un platane de plus de 200 ans. Il se trouve sur la place de la Foulerie, ainsi nommée parce qu'on y foulait le lin.
L'arbre (platanus acerifolia, alias platane commun) mesure environ 30 mètres, et possède un tronc de 7 mètres de circonférence. Continue-t-il de grandir? Sans doute! Il a été planté durant la Révolution entre la Terreur et le Consulat à partir de graines rapportée de Syrie par le cardinal du Bellay.
            





Un autre sujet d'intérêt patrimonial est l'église Saint Jean-Baptiste. Construite entre 1528 et 1554, elle est de style gothique flamboyant et serait due au maître-maçon Nicolas Jouette et l'architecte Jean Grappin. Elle reste malheureusement fermée en dehors des offices et on ne peut pas voir l'intérieur qui présente beaucoup d'attraits si l'on en croit d'autres sites internet.
L'église est située en haut d'une colline et on y accède par une escalier pittoresque mais difficile. En haut, on est accueilli par une statue de Saint Jean.
                   





On découvre ensuite le magnifique portail sculpté.
                    





Dommage qu'on ne puisse aller plus loin dans la découverte des merveilles que renferme cette église.

dimanche 16 juin 2019

COLLEGIALE SAINT-OURS - LOCHES (Indre-et-Loire)

Fondée vraisemblablement au Xe siècle par Geoffroy Grisegonelle, comte d'Anjou, elle fut reconstruite entre le XIe et le XIIe après son effondrement. C'est à Thomas Pactius , prieur de la communauté que l'on doit cette reconstruction. Au commencement, elle était destinée à recevoir une sainte relique, la ceinture de la Vierge.
Au XVe siècle, lorsque Charles VII offrit la seigneurie de Loches à Agnès Sorel, celle-ci fit confectionner un reliquaire précieux pour cette ceinture.
Durant l'année 2019, des fouilles sont en cours dans la crypte pour découvrir les sépultures que la collégiale renferme.


 Ce qui est remarquable dans ce bâtiment, ce sont d'abord les quatre tours creuses octogonales appelées dubes.








Deuxième élément admirable : le narthex avec son porche roman dont les sculptures ont malheureusement subi de nombreux dommages et dont la polychromie s'est effacée.

De part et d'autre du portail, deux curiosités, tout d'abord un tronc fait d'une souche dans laquelle on plante un clou quand on fait un don, d'autre part un bénitier datant de l'époque gallo-romaine.



         




Le principal trésor de la collégiale à la fois artistique et émouvant est le tombeau d'Agnès Sorel. On ignore qui est l'auteur de ce chef-d'oeuvre.
Agnès Sorel née vraisemblablement en 1422, fut la première favorite royale officielle. Le roi Charles VII l'a comblée de cadeaux lui offrant les domaines de Beauté près de Vincennes, de Roquecézière et surtout de Loches. Elle fit elle-même de nombreux dons aux religieux pour tenter de se concilier les faveurs célestes en dépit de sa vie jugée condamnable par les bonnes âmes. Bien qu'enceinte, alors qu'elle rejoignait le roi en février 1450 en Normandie, elle fut victime d'un flux de ventre dont elle mourut. A l'analyse de ses restes en 2005, il a été prouvé qu'elle avait été victime d'un empoisonnement au mercure, sans qu'on puisse établir si ce fut volontaire ou accidentel. 
Voir l'article sur Jumièges où elle est décédée : ici
Quoiqu'il en soit, son gisant d'albâtre est une merveille. La défunte est encadrée par deux anges qui soutiennent le coussin sous sa tête, tandis que deux agneaux (ou béliers) feraient référence à son prénom.
           




L'historien Pascal Arnoux écrit à propos d'Agnès Sorel: fidèle, discrète, douce et équilibrée, Agnès aima de tout son coeur cet homme (Charles VII) à la mine triste, au physique ingrat, fils d'un roi fou et d'une reine décriée, qui douta tant de lui-même. Elle lui apporta une affection vigilante, à lui qui en fut si privé.
Merci à Bruno et Richard pour leur précieux apport photographique

jeudi 1 novembre 2018

ORATOIRE DU LOUVRE - Ier arrondissement.

Cette église encadrée par les rues Saint-Honoré, de Rivoli, Marengo et de l'Oratoire, date du XVIIe siècle.
C'est sous la régence de Marie de Médicis, veuve d'Henri IV, qu'a été créée la Congrégation de l'Oratoire de Jésus-Christ. Elle installe une chapelle en face du Louvre à l'emplacement d'un hôtel cédé par la duchesse de Guise. Cette chapelle rapidement très fréquentée oblige à construire une église plus grande.
C'est en 1620, que l'architecte Clément Métezeau (1581-1652) prépare les plans du nouveau bâtiment. Il est ensuite remplacé par Jacques Lemercier (1585-1654) qui est aidé par Frémin de Cotte (1591-1666).
Bien que l''église devienne chapelle royale en 1624, des problèmes politiques font que les travaux s'interrompent en 1630. Ce n'est que beaucoup plus tard en 1740 sous la direction de Pierre Caqué (?-1767) que les travaux reprennent. C'est de cette époque que date la façade sur la rue Saint-Honoré.
En revanche le chevet date de la première tranche de construction. C'est dans cette partie que fut élevé un monument dédié à l'amiral Gaspard de Coligny. Pourquoi, ce personnage du XVIe siècle? En 1811, Napoléon Ier attribua l'église au culte protestant. En 1888, pour célébrer la tolérance religieuse retrouvée 100 ans plus tôt, sous la Révolution, on décida de rendre hommage à Coligny, chef des protestants et une des premières victimes du massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572). Le monument est dû au sculpteur valenciennois Gustave Crauk (1827-1905).
              





L'intérieur est très dépouillé (protestantisme oblige) et ne comporte aucune statue. Seule au centre, une colombe symbolisant le Saint-Esprit orne la voûte.
              





On peut aussi remarquer les chapiteaux des colonnes engagées et une fresque au plafond d'une chapelle latérale, représentant Paul de Tarse lors de sa conversion sur le chemin de Damas. On semble en ignorer l'auteur.

Ce qui est surprenant, ce sont les tribunes situées en hauteur qui permettent de dominer la nef (si on n'a pas le vertige) et d'approcher les éléments élevés comme l'orgue ou la voûte.
         
L'abside est occupée au rez-de-chaussée, par une salle ovale qui sert aux réunions. Au dessus se trouve une pièce ronde dont le plafond est formé par une coupole. Ironie de l'histoire, à travers les fenêtres, on aperçoit le clocher de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois d'où est parti le signal qui déclencha le massacre de la Saint-Barthélémy.
        



L'abside vue de l'extérieur surmontée par un lanternon.