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lundi 18 avril 2016

AVENUE DE L'OBSERVATOIRE - PARIS -VIème arrondissement.

Cette avenue fut ouverte en 1798. Elle relie le jardin du Luxembourg à l'Observatoire de Paris qui lui, date de 1672. En 1867, on y créa un jardin qui prit le nom de jardin des Grands Explorateurs Marco Polo et René-Robert Cavelier de la Salle.


Au sortir du Jardin du Luxembourg, on est accueilli par un buste de Gaston Monnerville (1897-1991), oeuvre de Jacques Canonici. Gaston Monnerville, natif de Cayenne fut le président du Sénat après avoir été le président du Conseil de la République, sous la IVe République.







A droite, se situe un beau bâtiment d'inspiration mauresque. Il a été construit en 1895 par l'architecte Maurice Yvon (1857-1911) pour abriter l'Ecole Coloniale puis à partir de 1934, l'Ecole Nationale de la France d'Outre-mer. C'est aujourd'hui l'Institut International d'Administration Publique, absorbée par l'E.N.A..



En suivant la perspective de l'avenue, on découvre toute une statuaire symbolisant le cycle du jour et de la nuit.
Tout d'abord, la Nuit par Charles Gumery (1827-1871), puis le Crépuscule de Gustave Crauk (1827-1905), le Jour de Jean Perraud (1819-1876) et enfin l'Aurore de François Jouffroy (1806-1882). Cette allégorie en a perdu ses bras.
                       



Sur la droite, on peut voir les bâtiments de la faculté de Pharmacie, avec sa large cour entourée d'arcades, dans laquelle apparaît la statue de Louis-Nicolas Vauquelin (1763-1829), laquelle fait pendant à celle d'Antoine Parmentier (1737-1813). Le bâtiment est dû à Charles Laisné (1819-1891) et fut achevé en 1882.
Au coin de la rue Michelet, un autre bâtiment beaucoup plus insolite lui fait suite: l'Institut d'Art et d'Archéologie, appelé communément Centre Michelet. Recouvert de briques rouges, il est l'oeuvre de l'architecte Paul Bigot (1870-1942) et a été construit entre 1925 et 1930 dans un style qui rappelle à la fois la Toscane et l'Afrique subsaharienne.
  Une frise de terre cuite court tout autour de l'édifice et présente en bas-reliefs, des motifs inspirés de la Grèce antique, de Rome ou du Moyen-âge. Ces derniers ont été conçus à la Manufacture de Sèvres.
Un peu plus loin entre la rue des Chartreux et la place Camille Julian, se trouve l'hôpital Tarnier dont la façade austère se trouve rehaussée au coin avec la rue d'Assas par une sculpture en haut-relief de Stéphane Tarnier (1828-1897), obstétricien à qui l'on doit des avancées en matière d'accouchement, telle l'hygiène et la mise au point de forceps. 


Cette sculpture de Denys Puech (1854-1842) date de 1905 et présente le médecin s'occupant d'une parturiente qui tient un nouveau-né dans ses bras tandis qu'un autre nourrisson se trouve dans une couveuse.
En revenant vers le jardin des Grands Explorateurs, on se trouve en présence de ce qui en est l'apothéose : la magnifique fontaine des Quatre Continents due à aux génies conjoints de Jean-Baptiste Carpeaux et d'Emmanuel Frémiet. Pour avoir plus d'éclaircissements, voir l'article sur le sujet en cliquant ici.

              
Un peu plus loin, au milieu de la place Camille Julian, le monument à Francis Garnier est une autre oeuvre de Denys Puech, cité plus haut. 
Francis Garnier (1839-1873), lieutenant de vaisseau servant en Indochine s'employa à explorer le cours du Mékong. Lors d'une mission de pacification à Hanoï, il fut tué par les pirates chinois du Pavillon Noir. Ses cendres furent rapatriées en 1983 et placées dans le socle du monument en 1987.
            

Sur le côté gauche de la place, se trouve la tranchée du RER, ligne B qui se découvre brièvement avant de replonger dans le sous-sol. A travers de la grille, on aperçoit le bâtiment de la station Port-Royal. Cette gare datant de 1895 était une halte sur la ligne du chemin de fer Paris-Orléans, reprise par le RER actuel.

A l'endroit où la ligne redevient souterraine et devant la grille de protection, une sculpture de William Chattaway (1927-) a été installée en hommage à l'écrivain Georges Bernanos (1888-1948).
De l'autre côté de la place Camille Julian, s'élève un monument dédié au Maréchal Michel Ney (1769-1815), duc d'Elchingen, prince de la Moskowa, qui fut fusillé tout près d'ici, pour son ralliement à Napoléon Ier lors de son retour de l'île d'Elbe. Ce monument est l'oeuvre de François Rude (1784-1855).

lundi 25 mars 2013

RUE GARANCIERE - PARIS - VI ème arrondissement.

Rue Garancière, 6ème arrondissement.
 Cette rue monte doucement depuis la rue Saint Sulpice derrière l'église du même nom, pour aboutir rue de Vaugirard, devant le palais du Luxembourg.
Son nom lui vient d'un hôtel particulier qui s'y trouvait, lui-même ayant pu tirer son nom d'une teinturerie spécialisée dans la garance (cf. J.Hillairet, Connaissance du vieux Paris).
Cette rue est liée à nombre de célébrités de toutes sortes.

Le début est un peu sombre, à l'ombre du chevet de l'église Saint-Sulpice.
Mais dès le n°3, on découvre un charmant petit hôtel particulier qui fut occupé de 1914 à 1954 (d'après une plaque apposée sur le mur) par Francisque Gay, éditeur, député et ambassadeur. C'est aujourd'hui un hôtel quatre étoiles pour voyageurs.




On ne peut éviter de jeter un coup d'oeil à la monumentale église dont le chevet en impose dans ces ruelles étroites. La chapelle de l'Assomption qui jouxte est sommée d'un pélican de bronze, symbole du sacrifice extrême.
"Lorsque le pélican lassé d'un long voyage, dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux..."; Alfred de Musset (la suite ici)
        

En continuant la montée, on rencontre au n°4 un autre hôtel particulier. Il date de 1624, et a abrité les Filles de la Société de la Vierge. Plus tard, en 1754, c'est là que le célèbre Diable Boiteux a vu le jour : Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque, député, ministre à travers quatre régimes successifs et pour finir ambassadeur de France sous Louis-Philippe Ier. Quelle vie! Quel homme!

  





En continuant toujours, on se trouve devant le n°8: l'hôtel de Sourdéac. Il fut construit vers 1640 par l'architecte Bobelini, pour René de Rieux, évêque de Léon en Bretagne. Il passa au neveu de celui-ci, Guy de Rieux, seigneur de Sourdéac. C'est ici, qu'Adrienne Lecouvreur (voir ici 16, rue Visconti) aurait fait ses débuts en mars 1717. Cet hôtel servit de mairie à l'ancien XIe arrondissement de 1818 à 1849. Il est aujourd'hui la propriété de l'éditeur Plon et ce depuis 1854.
Encastrée dans la façade du n°12, une fontaine fut érigée en 1715 par les soins de la princesse Palatine, Anne de Bavière, veuve du détestable Henri de Bourbon-Condé.
En face, au n°9, apparaît l'arrière de l'hôtel du Nivernais ouvrant sur la rue de Tournon. Au n°11, c'est le Petit-Hôtel du Nivernais, qui devint la propriété de la famille Thureau-Dangin dont un des membres fut secrétaire perpétuel de l'Académie Française.











Et nous arrivons au n°17 qui comporte plusieurs mascarons représentant les saisons tandis que celui du porche d'entrée figure Hercule.
   

Arrivé en haut de la montée, pour atteindre la rue de Vaugirard, il faut passer sous une voûte reliant deux bâtiments qui sont des dépendances du Petit-Luxembourg. Cette construction date de 1709 et est l'oeuvre de l'architecte Germain Boffrand pour la Princesse Palatine déjà citée. Elle est ornée de statues insérées dans des niches.
 

Une dernière curiosité toute proche : sous les arcades d'un des bâtiments de Boffrand, scellé dans un mur, on peut découvrir un mètre étalon que la Convention avait fait placer pour la généralisation du système métrique entre février 1796 et décembre 1797. Il y en avait seize dans Paris, et il n'en reste plus que deux, celui-ci qui n'a pas changé de place et un autre, place Vendôme.