jeudi 5 juin 2014

YEVRE-LE-CHATEL - LOIRET

Ce village possède des trésors architecturaux remarquables.
Autrefois possession de l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire, un château fort y fut construit. Au Xe siècle, le baron Arnoul de Yèvre eut plusieurs fois maille à partir avec les moines de cette abbaye parce qu'il avait des pratiques qui relevaient plus du brigandage que de la chevalerie. Sa veuve fonda sur le domaine une abbaye dont il reste aujourd'hui l'église Saint-Gault.
Le château actuel date de Philippe-Auguste qui ordonna sa reconstruction. C'est une forteresse comprenant quatre tours dominant des murailles dont il ne reste aujourd'hui que le châtelet d'entrée.






A la base des murs entre les tours, on peut voir des arcs de maçonnerie qui pourraient ressembler à de grandes ouvertures qui auraient été comblées ou à des travaux de consolidation. Il n'en est rien, ce sont des arcs de décharge. Ce système permettait en cas de sape durant un siège de maintenir le haut de la muraille en place. Seule la base s'écroulait limitant les possibilités de s'introduire dans la place.
 
Face au château, l'église Saint-Gault est de style roman avec des ajouts gothiques plus tardifs. On y accède par un portique en ogive. L'intérieur est très dépouillé.
            

Un peu à l'écart, s'élève les ruines de l'église Saint-Lubin. Elle date du XIIIe siècle. A cette époque, les villageois obtinrent de l'évêque d'Orléans, l'autorisation de construire une église paroissiale. Les moines de Saint-Benoit s'y opposèrent et l'évêque revint sur sa décision. Malgré quelques efforts pour reprendre les travaux, l'église ne fut jamais achevée. De plus, il semble qu'elle fut saccagée par les protestants durant les guerres de religion. Aujourd'hui, c'est une ruine admirable entourée d'un vieux cimetière qui lui confère un aspect profondément romantique.
   
                

Telle celle-ci, il y a aussi de belles maisons anciennes dans ce village qui mérite bien son appellation de "plus beau village de France".

mercredi 4 juin 2014

ABBATIALE DE SAINT-BENOIT-SUR-LOIRE - LOIRET

Toute proche de Germigny-des-Prés (voir ici), l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire a été fondée en 651 sous le règne de Clovis II.
Les bâtiments que nous voyons aujourd'hui datent du XIe et du XIIe siècles. Ils se décomposent entre la tour-porche dont la construction débuta en 1020 et le reste de l'abbatiale (choeur, abside et crypte) terminé en 1108 juste à temps pour recevoir la tombe du roi Philippe Ier.
A elle seule, la tour porche est une merveille de l'art roman avec ses nombreux chapiteaux, son portail nord et ses bas-reliefs.

L'intérieur n'est pas moins spectaculaire quoique de style moins homogène. En effet, la partie la plus proche de l'entrée est plus récente. C'est particulièrement visible dans le décor qui entoure l'orgue (1704).


                  
Le portail nord, admirable, fut construit au XIIe siècle. Il présente un tympan montrant le Christ en majesté entouré des évangélistes. Ils sont accompagnés d'apôtres et d'anges placés sur le pourtour de l'arc. En dessous, on peut apercevoir une sorte de bande dessinée qui représente le transport des reliques de Saint Benoit amenées depuis le Mont Cassin où le saint était mort, pour être inhumées dans la crypte de l'abbatiale.
      
Terminons cette visite par les bas-reliefs figurant sur le mur nord de la tour-porche.
     

mardi 3 juin 2014

GERMIGNY-DES-PRES - LOIRET

L'édifice religieux de Germigny-des-Prés est appelé oratoire. Ce mot fait généralement penser à un petit édifice niché dans un coin de forêt ou sur une place de village; il n'en est rien à Germigny, car cet oratoire est une magnifique église dont la construction remonte de surcroît à l'époque carolingienne.
Entourée d'un petit jardin de tamaris, elle fut bâtie tout d'abord sur un plan en croix grecque.
         
Elle fut construite par Théodulf (755-821) intime de Charlemagne qui l'avait nommé évêque d'Orléans et abbé de Fleury (Abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire voisine de Germigny).
Cet oratoire fut bâti entre 803 et 806 et remanié à plusieurs reprises jusqu'au XIXe siècle où il reçut un clocher et où sa nef fut allongée.
L'intérieur est encore plus remarquable avec ses arcatures qui donnent une impression de puissance sans pour autant se départir de légèreté.
             



On y rencontre peu d'ornements, mais il est certain que le plus extraordinaire de ceux-ci est la mosaïque qui orne le cul de four de l'abside. Unique oeuvre de ce type en France c'est une authentique mosaïque byzantine qui a nécessité 130 000 tesselles. Elle représente deux anges encadrant l'Arche d'Alliance. Au seuil de l'abside, se trouve une piéta du XIVe siècle et de part et d'autre des statues de saints.
Une autre statue de la Vierge se trouve sur un autel orné d'une peinture qui représente deux anges.
       

                          

                   


vendredi 2 mai 2014

CIMETIERE MONTPARNASSE (2) - PARIS XIVe arrondissement

Je le disais précédemment, les cimetières sont des musées à ciel ouvert, totalement gratuits et libres de visites. Ils permettent de présenter toutes sortes d'oeuvres. Parmi celles-ci, une grande place est faite à l'art comtemporain. Je n'en suis pas très friand, mais bien souvent, ces oeuvres apportent un peu de légèreté dans le sujet si grave de la mort et de la perte d'êtres chers.
Continuons l'exploration du cimetière Montparnasse sous le thème de l'art moderne.

 A tout seigneur tout honneur, le sculpteur contemporain le plus célèbre : César (1921-1998). De son nom complet, César Baldaccini, sa tombe est ornée d'une réplique de son Centaure dont l'original est au centre de la place Michel-Debré dans le 6ème arrondissement. Il a reproduit ses propres traits pour le visage de sa créature.
A l'origine, cette oeuvre était un hommage à Picasso.
Cette tombe se trouve dans la 3ème division.


 Cette tombe anonyme de la 1ère division, a été créée par Alex Berdal en 1990. Ce poisson muni d'une poitrine de femme représente une sirène. Au dos de la sculpture, on peut lire une inscription gravée "il fait son choix d'anchois et dîne d'une sardine". Alex Berdal né en 1945, continue de sculpter et peindre.


Autre tombe de la 1ère division, celle du géographe Antoine Haumont (1935-2016) sculptée par Etienne (Etienne Pirot 1952-).


Dans la division 6, deux tombes curieuses qui rendent hommage à deux femmes inconnues ; l'une s'appelle Léna Barreau-Fernand et serait morte à 18 ans, (abominable!) ; de l'autre, on ne connait que le prénom, Bettina. Sur la tombe de Léna, une inscription en espagnol "siembre juntas"; 
cela voudrait dire: "semer ensemble". 

Division 20, la tombe de Ginette Cohen-Galmion (?) née Olek (1945-1997). Une tombe rendue spectaculaire par une sculpture abstraite et colorée, soulignée par une belle citation:  "une âme en crue comme un torrent". L'auteur est la mystérieuse artiste Agathon (www.agathon-art.fr).


 Dans la 7ème division, une sculpture apparaît. C'est "la douleur" une oeuvre de Henri Laurens posée sur sa tombe (1885-1954). Une autre dans le même style se trouve dans la 8ème division sur la tombe de Baltasar Lobo (1910-1993) sculpteur espagnol.
Les deux hommes étaient liés par une grande amitié et bien qu'ils ne soient pas de la même génération, leurs productions artistiques sont très proches.

On ne peut parler d'art moderne sans citer la tombe ornée par Niki de Saint-Phalle (1930-2002) pour son ami Ricardo Menon (1952-1989). Elle a ajouté l'épitaphe "à notre ami Ricardo qui est mort trop tôt, beau, jeune et aimé". Cette tombe est dans la division 6.
Toujours dans la 6ème division, la tombe de Maryse Bastier (1898-1952) célèbre aviatrice, détentrice de multiples records, et qui mourut dans un accident... d'avion bien sûr, mais en étant simplement passagère lors d'un meeting à Lyon. On ignore qui fut le sculpteur qui réalisa cette tombe monumentale.


 Division 22, une statue qui ne correspond pas réellement au mouvement contemporain mais qui reste moderne. Elle est due à Henri Lagriffoul (1907-1981) et abrite la dépouille de Mme Henriette Marchand-Favaron (1889-1942) qui aurait présidé la Croix-Rouge.

Dans la division 30, une silhouette bleue rappelle Matisse; elle orne la tombe qui abrite les familles Rozenberg et Rambert.

 Ici, dans la 1ère division, une tombe qui ne manque pas d'originalité: c'est celle de Gérard Barthélémy (1938-2002), qui était peintre et qui fut prix de Rome en 1966. Sa tombe est un hommage rendu par son ami le sculpteur Denis Mondineu avec qui il partagea le prix de Rome la même année.

Pour finir cette exposition d'oeuvres d'art modernes, voici une tombe qui parait n'être qu'un cénotaphe pour l'un des deux membres du couple. En effet, les disparus font partie des victimes du vol Rio-Paris AF447 (1er juin 2009). Citons leurs noms : Isis Cosima Vinciane Pinet (1981-2009) et José Rommel Souza (1974-2009). On ignore qui est l'auteur de la sculpture.