mercredi 2 janvier 2019

CIMETIERE MONTMARTRE - PARIS - XVIIIème arrondissement (1ère partie).

20, avenue Rachel.
Le cimetière du Nord ou cimetière Montmartre est le successeur du cimetière des Grandes-Carrières ou du Champ-du-Repos, créé en 1798, fermé en 1808 et ré-ouvert en 1825. A cet emplacement, auparavant, se trouvaient des carrières de gypse qui servirent de fosse commune pendant la Révolution durant laquelle les morts anonymes étaient trop nombreux pour qu'on s'en préoccupe.

Comme tous les cimetières parisiens, celui-ci accueille de nombreuses personnalités, artistiques, littéraires, politiques ou industrielles. Evidemment, il y a quelques tombes spectaculaires ou monumentales, mais aussi quelques autres plus modestes.


La particularité de ce cimetière est d'être enjambé par un pont métallique sur lequel passe la rue Caulaincourt. Depuis cette rue on accède à l'avenue
 Rachel par un escalier.











Ce qui suit est un aperçu sur quelques tombes remarquables. C'est loin d'être exhaustif, évidemment (il existerait environ 20 000 concessions dans ce cimetière).

1ère division.
La première tombe qu'on remarque en entrant est une simple stèle blanche enveloppée de lierre et entourée d'une grille. C'est la tombe de la famille Guitry où sont enterrés le père Lucien (1860-1925), les deux fils Jean (1884-1920) et Sacha (1885-1957) et la dernière épouse de ce dernier, Lana née Marconi (1917-1990).



En montant l'escalier à l'arrière de cette petite enclave, on découvre une tombe étrange. Il s'agit de celle de Pierre-Léonard Laurecisque (1797-1860), architecte français, bâtisseur de l'ambassade de France et de l'église Saint-Louis-des-Français à Istanbul. Cette tombe est aussi le cénotaphe de sa première épouse (1821-1847) et de son jeune fils Pierre (1840-1847) qui eux, reposent dans l'église Saint-Louis-des-Français. Les trois personnes sont représentées dans ce qui ressemble à des sarcophages laissant apparaître leurs visages et leurs pieds. La seconde épouse de l'architecte, Marie-Reine Haintz (1790-1884) repose avec lui.
               


Au bout du chemin des Gardes, qui longe le mur Est du cimetière, se trouve une des tombes les plus célèbres de ce cimetière celle de Yolanda Cristina Gigliotti alias Dalida (1933-1987). Mausolée très kitsch, il est orné d'une statue de l'artiste en pied derrière laquelle se déploie un décor solaire doré.






3e division.
En abordant cette division, on est tout de suite confronté à un monument important. Son principal occupant est un banquier et néanmoins généreux mécène: Daniel Iffla dit Osiris (1828-1907). La tombe est surmontée par une copie du Moïse de Michel-Ange reproduit par Mercié. Elle est entretenue par l'Institut Pasteur, principal bénéficiaire de sa générosité.




Une tombe surprenante est celle de la famille Pam-Herczka pour laquelle Albert Bartholomé (1848-1928) a sculpté une femme-génie planant au-dessus du caveau. On ne trouve pas d'histoire concernant les défunts, en revanche le sculpteur est célèbre pour avoir réalisé plusieurs tombeaux dont nous verrons un exemplaire plus loin. Il fut d'abord un peintre, puis se consacra à la sculpture et remporta quelques succès.



Un homme un peu oublié est également enterré dans ce secteur: Camille Sée (1847-1919) promoteur d'une loi permettant aux femmes de bénéficier de l'enseignement secondaire et supérieur.








Juste à côté, repose Emile Deutsch de la Meurthe (1847-1924, riche industriel et mécène. Il eut l'idée de créer un établissement accueillant les étudiants étrangers, début de la Cité Universitaire qui comprend dans son périmètre la "Fondation Emile et Louise Deutsch de la Meurthe".


Une autre tombe claire est celle de Victor Brauner (1903-1966) peintre surréaliste d'origine roumaine, ami de Brancusi. Le monument est orné d'une sculpture de l'artiste lui-même, qui signe également l'épitaphe : "Pour moi, peindre, c'est la vie, la vraie vie, ma vie."



Un beau bas-relief art-déco orne la tombe de Jacques Rouché (1862-1957) ancien directeur de l'Opéra de Paris. La sculpture est d'un certain Lefevre, peut-être Hippolyte Lefebvre (1863-1935) dont les dates correspondent mais pas l'orthographe du nom de famille, à moins qu'il ne s'agisse de Camille Lefèvre (1853-1933) qui pourrait mieux correspondre.






Un tombeau monumental abrite les restes des frères Pereire, Emile (1800-1875) et Isaac (1806-1880) industriels et banquiers très entreprenants qui créèrent la ligne de chemin de fer Paris-Saint-Germain-en-Laye, la première à transporter des passagers et beaucoup d'autres. Ils ont aussi développer les Landes en plantant des milliers d'arbres. Ils finirent par faire faillite en 1867.  La tombe est une sépulture familiale où se trouvent plusieurs personnes.




Un tombeau imposant abrite un écrivain célèbre: Théophile Gautier (1811-1872). Une muse qui semble jouer à chat perché, surmonte le monument. Elle tient une palme et à ses pieds un médaillon porte un bas-relief représentant l'auteur. La sculpture est de Cyprien Godebski (1835-1939).






4e division.
Un mausolée abrite les restes de la famille de Gas, à moins qu'il s'agisse de la famille Degas en un seul mot. En effet, la tombe mentionne le nom avec une particule, alors que l'acte de naissance d'Edgar dit Degas en un seul mot. Ce serait Hilaire, grand-père d'Edgar, qui, à la Révolution en se réfugiant au royaume de Naples aurait changé son nom pour revenir plus tard aux origines. Quoiqu'il en soit, Edgar Degas (1834-1917) est le plus illustre représentant de la famille. Peintre de génie, il est célèbre pour ses danseuses, mais aussi pour ses scènes de courses de chevaux. Il fut aussi un grand sculpteur. Le médaillon sur la porte est de Marcel Chauvenet (1906-1988).
5e division.


La tombe d'Henry Murger (1822-1861), un écrivain bien oublié aujourd'hui qui inspira pourtant Puccini pour son opéra La Bohème, rappelle un autre monument situé dans le cimetière Montparnasse. Et pour cause, puisque c'est le même sculpteur qui en est l'auteur : Aimé Millet (1819-1891) (voir ici). L'artiste s'est contenté de se copier lui-même.





7e division.

On y découvre le cénotaphe d'un poète romantique polonais Jules Slowacki (1809-1849). Le corps du défunt fut transféré à Cracovie en 1927 et placé aux côtés de son rival Adam Mickiewicz (1798-1855). Le médaillon qui le représente est de Wladyslaw Oleszczvinski (1807-1866).





9e division.

En bordure de cette division on découvre la tombe de Léo Delibes (1836-1891) grand compositeur français à qui l'on doit des musiques de ballet comme Coppélia ou Sylvia et surtout son opéra Lakmé.

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