lundi 27 mai 2013

L'AIGLE (Orne) - Eglise Saint-Martin

Église Saint-Martin, Place Saint-Martin et rue Thiers, à L'AIGLE (Orne)

Cette église composite a été construite à partir du XIIe siècle. Elle a connu une extension à la fin du XVe, a été remaniée au XVIIe, et pour finir, après les dégâts causés par la guerre, a reçu des restaurations et de nouvelles statues au XXe.
Cela donne un curieux mélange de styles qui n'en demeure pas moins attachant.
            

Du XIIe  siècle, on peut voir encore l'abside et le clocher terminé par une fine flèche. Ce clocher dénommé tour de l'horloge, est construit en grison, une roche très dure, propre à la région du Perche et de couleur brun-rouge.











Au XVe siècle, on bâtit la chapelle du Rosaire, la nef et la tour gothique. Cette dernière est surmontée par un toit au sommet duquel figurent deux personnages symbolisant l'annonciation. Un aigle domine l'ensemble.
Au milieu du XVIe siècle la nef méridionale compléta l'ensemble. C'est en 1947, qu'on installa des sculptures   plus modernes, imitant néanmoins l'ancien.
 

L'intérieur n'est pas moins intéressant.
Les voûtes en ogives avec pendentifs ajourés de la travée droite datent de la renaissance.
A gauche en entrant, une petite chapelle au pied de la tour de l'horloge, est ornée d'une fresque moderne comportant une curieuse inscription.
Le maître autel et son retable remarquable datent du milieu du XVIIe siècle. On attribue la peinture centrale (une descente de croix) à Le Brun.
             

Il y a aussi plusieurs vitraux dignes d'intérêt.



    

jeudi 16 mai 2013

MORET-SUR-LOING (Seine-et-Marne)

Moret-sur-Loing, ville médiévale de Seine-et-Marne.

Située entre Fontainebleau et Montereau, cette petite ville a un passé glorieux puisqu'elle fut une résidence royale dès 1075 sous Philippe Ier. Les successeurs de ce roi de France continuèrent à y résider régulièrement en y apportant de nouvelles constructions.
Ainsi, les fortifications datent de Philippe-Auguste, à la charnière des XIIe et XIIIe siècles. Son père Louis VII avait de son côté commencé la construction de l'église Notre-Dame dans le nouveau style gothique.
La ville fut ensuite délaissée au profit de Fontainebleau et laissée en douaire aux reines de France, puis engagée auprès de proches du roi, tels de Thou, Sully ou Jacqueline de Bueil (une des dernières favorites d'Henri IV).
Elle connut encore le vent de l'histoire lors de la campagne de France en février 1814, puisqu'elle fut brièvement occupée par l'armée austro-russe. Napoléon de retour d'Elbe, y fit une courte halte avant sa rentrée dans Paris.
On retrouve tout ce passé  dans certains édifices de la ville.
La porte de Samois qui date du XVe siècle, commande l'accès à la ville ancienne du côté ouest. Un boulet encore incrusté dans le mur témoigne de la bataille qui s'y livra en 1814.
 

Plus loin, sur la place de l'Hôtel de Ville, la mairie et une curieuse maison de bois semblent beaucoup plus anciennes qu'elles ne sont en réalité. La mairie date, en effet, de 1910 et la maison de 1928. Cette dernière qui porte le nom de son constructeur, Pierre Raccolet, est l'oeuvre d'un menuisier, compagnon du Tour de France qui voulut rendre hommage aux métiers artisans. Il construisit sa maison en utilisant tous les stéréotypes médiévaux; le résultat est spectaculaire et non dénué de charme.
 

                             

Derrière la mairie, au fond de la cour, se trouve la galerie de l'hôtel Chabouillé construite en 1527-28 par un fonctionnaire royal du nom de Nicolas Chabouillé. En 1822, un colonel de cavalerie nommé Antoine Brack eut l'étrange idée de transporter cette construction à Paris sur le futur cours Albert Ier au coin de la rue Bayard. Il l'offrit à sa maîtresse Mademoiselle Mars, grande comédienne dont il se sépara trois ans plus tard. Finalement, en 1955, le promoteur qui acquiert le terrain sur lequel elle se trouve, est obligé par le vendeur de ramener tout cet ensemble à Moret. Surnommée maison François Ier, c'est une pure merveille renaissance avec ses décors exubérants. Les médaillons figurant d'illustres personnages ont été manifestement ajoutés plus tard. En effet, en 1528, le futur Henri II avait 9 ans et n'était même pas dauphin.
 
Une frise sur l'entablement supérieur présente une devise en latin qui signifie "Celui qui sait mettre un frein à ses paroles et dompter ses sens est plus fort que celui qui prend des villes d'assaut".

Plus loin dans la rue Grande, une superbe maison datant de 1560, serait l'ancien baillage et appartenait à Claude Chabouillé, sans doute le fils du précédent.
              

L'église Notre-Dame dont la construction avait commencé en 1166, ne fut achevée qu'au XVe siècle. Elle est du plus pur style gothique.
 
En face cette église, une maison du XVe siècle, attire les visiteurs par la gourmandise. En effet, elle fut habitée par les religieuses de la congrégation des Soeurs de la Charité qui y confectionnaient du sucre d'orge, spécialité de Moret. Aujourd'hui, un magasin vous invite à découvrir ces fameux sucres d'orge et d'autres spécialités de la région.
          

Derrière l'église, la rue du Donjon nous mène à cet édifice. Carré, austère, formidable, épaulé par d'épais contreforts, il fut pourtant apprécié comme résidence par les rois capétiens qui y logèrent et par les comtes engagistes dont j'ai parlé plus haut.
Nicolas Fouquet y fut enfermé et gardé par d'Artagnan après son arrestation. Le 4 septembre 1725, Marie Leszczynska y passe sa dernière nuit de jeune fille avant d'épouser Louis XV à Fontainebleau.
 


On ne peut parler de Moret-sur-Loing sans évoquer la figure du peintre Alfred Sisley. Installé en 1882, il apprécia le calme de la campagne bucolique et y résida jusqu'à sa mort en 1899. La ville lui rend hommage par un monument et un buste près de la porte de Samois.



Ci-dessous, l'église de Moret vue par Sisley.

Pour trouver le Loing, il faut sortir par la porte de Bourgogne qui permet de découvrir le pont et les barrages des anciens moulins. Ce pont dont la première construction date du XIIe siècle, a été aménagé au XIXe, mais détruit par l'armée allemande en retraite en août 1944.Il a été reconstruit à l'identique.
 




C'est depuis l'autre rive de la rivière qu'on découvre la vue sur Moret qui est la plus connue, la plus emblématique, celle qu'on nous montre sur tous les guides touristiques (avec généralement plus de soleil que lors de ma visite).


lundi 13 mai 2013

BASSIN DE LA VILLETTE - XIXème arrondissement.


Bassin de La Villette (XIXe arrondissement de Paris).

Ce bassin, créé en 1808, relie le canal de l'Ourcq au canal Saint Martin et est devenu depuis quelques années un lieu fréquenté par les promeneurs et les noctambules. Depuis la quasi disparition du trafic marinier destiné au fret, de nombreuses activités culturelles et de loisirs se sont développées. Même Paris-Plage a une extension le long de ce plan d'eau.
En amont, il débute après le passage sous le pont levant de la rue de Crimée.



La perspective du bassin se développe jusqu'à la rotonde de La Villette sur la place de Stalingrad. L'église Saint Christophe-Saint Jacques se trouve sur la place de Bitche, toute proche du pont levant.
 
Les cinémas MK2 sont disposés de part et d'autre du bassin. Les péniches amarrées offrent des divertissements qui n'ont plus rien à voir avec le transport de marchandises et les joueurs de dominos disputent des parties acharnées sur les bancs de la Promenade Signoret-Montand.
 
Au n°6 du Quai de Seine, une plaque sur une maison rappelle que durant la première guerre mondiale, Paris n'avait pas été à l'abri des bombardements de la Grosse Bertha.